Oui, hier soir j’étais comme quelques milliers d’autres humains de beaucoup de pays, de beaucoup d’âges  différents au Champ de mars à regarder sur les deux écrans géants la projection du dernier film de Yann Artus Bertrand et Luc Besson, Home. Ambiance chaleureuse, pas trop enfumée, mais pas mal arrosée.

Un film très efficace pour aider à la prise de conscience avec des messages simples et forts, des images marquantes, de l’émotion sans pleurnicherie, un fil rouge efficace : la terre est notre bien commun. Ce que nous faisons à un endroit se répercute à un autre. Bref une jolie invitation à la systémique et à l’approche holistique du sujet.

Oui ce sont dans les interrelations que sont les solutions et pas seulement dans un approche causale et linéaire telle que notre esprit a forgé par des centaines d’années de cartésianisme fonctionne. Oui trier ne suffit pas, mais ne pas trier est une aberration. Oui réfléchissons à deux fois afin d’acheter du superflu.

Le propos du film n’est pas économique, il ne dénonce pas la course en avant du profit et du consumérisme à tout va. Il dit simplement que nous sommes trop nombreux et nous devons changer radicalement notre mode de vie sinon c’est la terre qui va radicalement changer.

Le message de fin sur les conséquences imprévisibles du dégel du permafrost est particulièrement redoutable. Il est trop tard pour être pessimiste et se lamenter. Place à l’action, sans relâche, à tous les niveaux, en tant que citoyen (vivement les élections de demain), en tant qu’acteur économique, en temps que membre d’une famille, d’un groupe. L’action est collective et se construit pas après pas.

Il est trop tard pour chercher à maintenir ce qui est encore sous nos yeux, sous nos pieds, à nous adapter, à préserver un équilibre. Ce n’est plus possible. Les ressources en énergies fossiles s’amenuisent, des centaines d’espèce disparaissent, l’humus est détruit en de nombreux endroits du globe (c’est aussi ce dont parle O’Brien dans son roman sur les bisons). Aujourd’hui c’est le système lui-même qui se modifie, qui s’est modifié sous les conséquences de nos actes depuis la deuxième guerre mondiale. Il n’est plus question d’adaptation ou de préservation.

Il ne s’agit plus de vouloir guérir ce qui va mal, ce qui dysfonctionne, il s’agit de découvrir, de construire, de transformer, de changer notre vie, notre mode de vie.

Nous devons inventer le monde de demain faute de quoi les humains et nombre de créatures vivantes vont disparaitre de la surface du globe. Définitivement.
Alors ce film Home est résolument du côté de ce que les coachs appellent le recadrage : comment voir les choses différemment ? Quelles sont les options possibles ? Comment penser autrement ? Comment voir sous un autre angle ? Quelles nouvelles solutions chercher ? Le recadrage qui rend les changement profonds possibles.

Nb jusqu’au 14 juin, le film est visionnable sur youtube. Et l’article de Yann Artus Bertrand est consultable sur Goodplanet.