L’arracheuse de temps

Fred Pellerin est un conteur, tout jeune et bigrement talentueux. Il vient d’achever une tournée à Paris de son quatrième spectacle « l’arracheuse de temps » avant de repartir au Québec pour la sortie de son film Babine – le fou du village, fils de la fameuse arracheuse de temps.

Fred Pellerin nous fait rire de la mort, sujet pas bien facile, et qu’il met admirablement en scène. Pendant une heure trente, seul avec son banjo, une guitare, et un mug, il nous raconte un conte, chante des chansons, nous fait écouter la voix de grand mère, joue de ses instruments. Il nous tient à son souffle pour ne pas qu’on rende le dernier.

Il nous raconte un conte, un conte de Sainte Elie de Caxton, son village. Un conte que lui a raconté sa grand-mère qui a un grenier, le plus incroyable des greniers. Un conte qui parle d’un arbre a deux branches, l’une produit des pommes qui donnent la mort, l’autre non, mais personne ne sait plus laquelle est laquelle… Il jongle avec la langue avec une virtuosité de saltimbanque, il jongle aussi entre le français du Québec et le français de France. C’est lumineux, c’est touchant, c’est poignant.

Il tient le fil ténu de son histoire entre ses doigts, fait mille broderies comme autant de digressions. Tant et si bien que parfois il semble lui même perdre le fil. Et reprend sa narration après un bref éclat de rire facétieux. Il coud et découd ensemble les propos des anciens qui tissent la trame du conte.

Il met en scène les personnages de son village de Mauricie, Toussaint Brodeur le vendeur de bière, le forgeron et sa fille si jolie, le belle Lurette, le curé « tout neuf », Méo le coiffeur qui parfume le village tous les samedi soir de sa tarte assaisonnée de cannelle, Les Gélinas et une femme mystérieuse, une riche étrangère, qui vit à l’écart du village et que tout le mode appelle la Stroop. Par une facétie du facteur Mme Stevenson Troop est devenue La STroop. Chose curieuse, depuis qu’elle est au village, la mort n’a frappé personne. Oui c’est peut être une coïncidence, mais peut être pas…

« Au Québec vit une communauté francophones de 6 millions d’habitants, 6 millions qui luttent contre l’envahissement culturel agressif de 320 millions de Nord américains.  6 millions de descendants des colons qui ont débarqué il y a quatre cent ans. Au Québec on chante des chansons traditionnelles françaises, et notamment : il était une bergère. Le plus extraordinaire, dit Fred Pellerin, c’est qu’il n’y a jamais eu de bergère à garder ses blancs moutons au Québec…« 

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Une réflexion sur “L’arracheuse de temps

  1. Ni de bergères, ni de claires fontaines (on va au puit) ni d’ânes, mais toujours le goût des chansons douces, des mots d’amour, et de la tendresse. La poésie c’est de voir et de dire la Beauté du Monde là où on la ressent.

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