Urgence Climatique

Je relaie rarement une pétition, mais là franchement, il y a urgence.

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lancé lundi 21 septembre 2009 la Semaine du Climat et une pétition mondiale pour faire pression sur les chefs d’État, afin de faire débloquer les négociations pour la nouvelle convention contre les changements climatiques.

C’est Moukmouk qui relaie l’information de Constance Il dit à juste titre que :

 » l’important, dans une pétition, c’est ce qu’on en fait. Et là, grâce à l’appui de l’immense machine onusienne, on peut être certain que celle-ci sera transmise aux chefs d’État.

Elle ne sera peut-être pas déterminante dans le cours de la politique climatique mondiale. Mais s’il y a 250 ou 300 millions de signatures, ça devrait quand même faire réfléchir les décideurs. Et puis, au moins, cette pétition permettra de prendre le pouls de l’humanité…

Pour signer la pétition (pour l’heure le site n’est qu’en anglais): www.sealthedeal2009.org

En plus, si vous avez un blogue, je vous invite à relayer l’information à vos lecteurs. »

Pour en savoir plus, vous pouvez aussi lire le billet sur Planète info mais surtout, signez et faites signer !

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Show me your mind !

Oui, cela ressemble à un koan. Moins dérangeant peut être que le fameux « quel est le bruit d’une seule main qui applaudit ? ». Mais assez perturbant quand même.  Le cerveau, c’est clair, je sais où il est, mais l’esprit ?

Ce matin j’ai regardé  une conférence et une méditation guidée de Jon Kabat-Zin sur you tube. Bien faite, simple, accessible et plaisante, mais évidemment en anglais. Je vous la recommande pour une brève introduction à la méditation. Ce médecin a une particularité importante, il fait partie de ceux qui ont introduit aux Etats-unis la méditation dans les programmes de soins aux malades sévères. Il a beaucoup travaillé sur les interactions corps-esprit dans les processus de guérison, avec des applications cliniques différentes de la méditation de pleine conscience pour des personnes atteintes de maladies chroniques ou avec des désordres issus d’un stress excessif.

A quand les méditations en entreprise pour augmenter le système immunitaire et la pleine conscience ? Augmenter l’écoute et la qualité des échanges ?  Ce serait sans doute au moins aussi efficace (et plus gratifiant à long terme) que de respecter la distance de sécurité de 2 mètres avec ses collègues (chouette on va supprimer les réunions), de ne plus leur faire la bise, d’aller se laver les mains dès qu’on a été en contact avec un « danger » quelconque… pour ne pas attraper la grippe !

Jon Kabat-Zin termine son intervention par un très beau poème Love after love de Derek Walcott :

The time will come
when, with elation
you will greet yourself arriving
at your own door, in your own mirror
and each will smile at the other’s welcome,

and say, sit here. Eat.
You will love again the stranger who was your self.
Give wine. Give bread. Give back your heart
to itself, to the stranger who has loved you

all your life, whom you ignored
for another, who knows you by heart.
Take down the love letters from the bookshelf,

the photographs, the desperate notes,
peel your own image from the mirror.
Sit. Feast on your life.

Bon dimanche !

D’autres vies que la mienne

J’avais été très troublé par la lecture de l’Adversaire. Troublée qu’Emmanuel Carrère réussisse à ce point à rentrer dans la peau de ce personnage lisse, si coupé de lui-même.

J’ai lu les critiques élogieuses, lu des entrevues tout à fait intéressante à l’occasion de la sortie en mars du dernier D’autres vies que la mienne, et pourtant je n ‘avais pas envie de le lire, pas plus qu’Un roman russe. Je ne voyais pas l’intérêt de lire le récit de la mort d’un enfant ni celui de la mort d’une jeune femme, aussi brillante soit l’écriture.

Oui il écrit effectivement ces deux histoires, mais surtout il écrit sur lui même, sur son incapacité à aimer, sur ses désastres intérieurs, sur le renard qui lui ronge les entrailles et le coupe de la vie. Il écrit un entrelacs et le miracle se produit. Il écrit sa deuxième naissance au monde, celle où il s’accouche lui-même pour devenir capable d’aimer et de travailler. C’est poignant, c’est bouleversant, c’est dérangeant. J’ai épuisé un paquet de mouchoirs, mis des jours à lire ce roman de 300 pages parce que cela ne se lit qu’à petites goulées.

Ce livre est édité par POL qui est un éditeur d’œuvres pas faciles, et la lignée avec Charles Julhiet me semble cette fois si forte, c’est troublant. C’est bien au contact d’autres vies que la sienne, dans cette inédite ouvertures aux autres, à leurs blessures, à leurs fêlures qu’il trouve un chemin dans sa nuit. Après ce livre, je crois que ce n’est plus possible de penser encore qu’on peut se construire seul, sans les autres, qu’on n’est pas pétri et façonné par les liens qui nous unissent aux autres, qui nous entravent ou nous font grandir.