La beauté dans le management

Management : art ? science ? technique ? Cela me rappelle mon épreuve de réflexologie plantaire. Est elle : art, science ou technique ? Et franchement je ne sais plus très bien ce que j’avais répondu à l’époque, sinon qu’on passait graduellement d’un niveau à l’autre et que l’art n’était possible que lorsque l’on avait fait siennes les techniques, qu’on les avait incorporées.

La science du management, j’entends par là toutes les théories qui infusent 90% des livres de management, vise à articuler entre elles des connaissances, empiriques, venues de la psycho, de la socio, de la systémique, etc,  et elle essaie de rendre compte de la réalité managériale

Les techniques managériales, et cela c’est  qui percole dans 90% des stages de formation, cherchent à obtenir un résultat, une transformation qui mobilise le corps et l’esprit. Bon souvent on oublie le corps, on oublie que le geste est aussi important que l’outil, ce que tous les artisans savent.

Je me souviens très bien de mon grand père choisissant avec soin sa lime à bois selon le morceau q’il polissait, et le rythme qu’il adoptait selon la dureté du bois.  Cela ne s’écrit dans aucun manuel de procédure, cela ne trouve place dans aucun processus. Et pourtant c’est bien la réalité de son travail qui ne se mesure que dans son résultat,  et très mal dans son processus de fabrication. Parce que seul un excellent professionnel sera capable d’apprécier le geste pour ce qu’il est.  La technique s’intéresse à l’utilité, l’art à la beauté.

Je suis POUR instaurer la beauté dans le monde du travail, et pas seulement l’utilité. Pas par idéologie mais par efficacité, parce que les humains ont toujours développé des activités artistiques à côté de la technique. L’art est du côté de la vision, de ce qui rassemble.

Il est des managers qui posent de beaux gestes, et j’ai le bonheur d’en connaitre quelques uns, il en est d’autres plus nombreux enfermés dans la technique, et qui ne voient que l’utilité ou non de ce qu’ils transforment, sans se poser la question de la pertinence, de l’écologie. Et sans se poser la question du matériau, j’y reviendrais

Je reviens à mon grand-père polissant avec art (j’allais écrire amour tellement c’est proche en intensité) ses racines de bois flotté. Maitrise parfaite des matériaux, des outils, des techniques de polissages, de la pression à exercer.  Il est des jours où il ne polissait pas parce que l’humidité ambiante était défavorable et que celui aurait demandé beaucoup plus d’énergie « inutile ».

Pour moi le management n’est pas une activité scientifique, même s’il a besoin de sciences pour élargir le champs de connaissance à mobiliser. Dans le management, il s’agit d’abord, surtout, de rapports sociaux, d’interactions, de relations de dépendances, d’interdépendances. Rapports et relations dans lesquels le manager est toujours partie prenante.

Et pour explorer rapports sociaux, interactions, dépendances et indépendances, la littérature nous offre un joli champs exploration. Voilà, ce sera mon projet 2010 partager mes trouvailles littéraires en ce qu’elles résonnent avec mes réflexions managériales. Avis aux amateurs, amatrices, lecteurs et lectrices !

Je commencerai par : Le poids des secrets – tome 5 : Hotaru – d’Aki Shimazaki.

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6 réflexions sur “La beauté dans le management

  1. Un beau projet, une vision originale dans notre société qui est trop souvent analysé à travers le prisme de l’utilitarisme : l’homme ne chercherait qu’à maximiser sa fonction d’utilité.

    Je suivrais avec intérêt ton travail car il y a beaucoup à apprendre, à désapprendre. Mais comme te le dis le savoir est peu de chose car il faut être capable d’incarner, vivre ce savoir.

    Bonne continuation.

  2. A force de mesurer le travail que par la quantité de profit qu’il réalise, on oublie que c’est d’abord l’échange entre humains pour améliorer le sort de tout le groupe.

  3. Ne vaudrait il pas mieux parler d’art du management ?

    Il serait aussi -à mon humble avis- souhaitable que les contributeurs se relisent pour éliminer fautes de frappe et/ou d’orthographe…

  4. Thor, tes contributions pour faire avancer le débat et le partage d’idées sont bienvenues, et c’est bien à quoi servent les coms.
    Pour le reste, je te prie de ne pas chercher à imposer tes règles aux autres sur mon blog. Sinon va plutôt webmusarder sur http://correcteurs.blog.lemonde.fr/

    Moukmouk, oui tu sais bien que vous êtes en avance sur nous sur ce thème.

    Zèbre, oui, le verbe sans la chair n’est que ruse du mental. merci de tes encouragements.

  5. Sorry, je ne cherche pas à imposer mes règles, mais les fautes de frappe ou d’orthographe me donnent des boutons que l’homéopathie ne sait pas traiter Par ailleurs, si je devais faire de la correction, ce serait plutôt en traduction qu’en rédaction, sauf si…..

  6. Je viens de lire un excellent article dans Alternatives Economiques sur « Une économie post-croissance riche en emplois » (http://www.alternatives-economiques.fr/une-economie-post-croissance-riche-en-emplois_fr_art_903_47627.html).

    Il propose de changer de paradigme car la croissance passée c’est faite par un transfère de la ressource travail vers des ressources « naturelles » limitées et non renouvelables : pendant les 30 glorieuses la consommation par habitant d’énergie primaire a été multipliée par 2,5 ! Le fordisme misé sur le partage des gains de productivité, ce qu’il faut aujourd’hui c’est partager les gains de qualité et de durabilité.

    Dans le management, il est aussi nécessaire, comme tu le dis, de réintroduire les notions de qualité et de durabilité.

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