Shim Chong, fille vendue

Je n’ai pas beaucoup de romans coréens dans ma bibliothèque ni dans mes souvenirs. J’ai eu envie de lire celui-ci après avoir lu un billet sur un blog (mais je ne sais plus lequel…), parce que la couverture m’a plu (marron, orange, jaune avec des formes rondes et la texture du papier aussi et enfin parce que je ne connaissais pas l’éditeur Zulma.

La couverture n’est pas pelliculée et glacée, elle est rugueuse comme le coude d’un enfant, chaude au toucher et souple. Le livre est souple, c’est un très beau brochage. Bravo à l’imprimerie Floch à Mayenne pour ce bel objet.

Ce roman est une adaptation « libre » de la légende de Shim Chong, figure de l’imaginaire coréen nous dit l’éditeur. C’est le roman d’apprentissage d’une jeune fille devenue prostituée. Shim Chong est élevée par son vieux père, seul et aveugle, sa mère est morte en couches. Lorsqu’elle eut dix ans, une marâtre vint s’installer avec son père et la vendit à un marchand de Nankin pour qu’elle épouse le grand pays de la Chine. Jadis cela voulait dire être sacrifiée au dieu de la mer, à présent cela veut seulement dire être mariée à un riche chinois.  Un vieux de chinois de plus de soixante-dix ans pour elle. C’est le début pour elle d’un long voyage au pays du corps, des relations hommes-femmes, de la sexualités, des maisons de plaisir de petite ou grande tenue, de la guerre de l’opium, de la pauvreté, de la Chine et du Japon. De la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle puisque Chong vivra plus de soixante dix ans.

Plusieurs morales un peu simplistes à l’histoire :
– le respect de l’étiquette, des règles et des usages est une planche de salut
– savoir s’adapter au monde dans lequel on est projeté brutalement est un gage de survie et de santé mentale
– ne jamais oublier ses rêves pour avoir une étoile qui brille dans les heures les plus sombres
– bien choisir les personnes à qui on fait confiance.

Une lecture plaisante et dépaysante, des scènes de sexe – nombreuses- plutôt élégamment décrites, une fresque historique intéressante, la bouffe très présente comme dans beaucoup de romans asiatiques, très mauvais en période de régime ! Un bon documentaire sur le négoce sexuel de l’époque mais un roman écrit dans une langue (d’accord c’est traduit) pas très riche. Cela « tient » par l’histoire, pas par le style et la composition. C’est un peu dommage.

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