L’araignée cuisinière

Ce matin, le vent fait frissonner les feuilles dans les arbres. Je ne sais pas quel genre d’histoires il leur raconte mais cela ne les laisse pas indifférentes. Ce vent sur ma peau nue encore ensommeillée me donne envie d’un chocolat chaud. Parce que petit déjeuner dehors avec 15 degrés seulement, cela réclame d’un chocolat chaud, c’est réconfortant à regarder et à déguster. C’est délicieux à préparer. Bien sûr c’est devenu aujourd’hui infiniment plus facile que quand j’avais dix ans, avec la poudre mais qu’importe, je fais comme ma grand mère. C’est plus long, l’odeur monte doucement dans la cuisine et ouvre l’appétit bien avant la première gorgée.

Et hop je sors une casserole, je mets de l’eau de dans, puis une tasse dedans avec morceaux de chocolat noir. Je m’apprête à craquer une allumette et oh, je découvre, dans les caresses du vent, une toile d’araignée (j’avais d’abord tapé, une étoile d’araignée).  Une toile d’épeire. Elle a du trouver qu’il faisait trop  froid cette nuit pour travailler dehors alors elle s’est installée sur la casquette de la hotte pour créer une très jolie toile.

Oui mais voilà, si j’allume le gaz, la toile va roussir et l’araignée avec. Elle est très belle, de ce roux brun singulier des épeires diadème. Alors je prends une cuiller en bois avec un long manche et je tente de la convaincre de grimper dessus pour aller la déposer dehors dans les fleurs. Seulement voilà, je parle très mal le langage des épeires, elle prend peur, sa toile s’enroule autour de la cuiller. Elle doit être affligée de voir le fruit de son travail réduit à néant par un ustensile de cuisine. Mais bon, c’est toujours le problème des territoires qui se mélangent cela pose des problèmes de frontière.

Après un moment, elle se résout à grimer sur mon beau destrier et hop, je la dépose dans la jardinière de Géranium flamboyant. mais elle en veut pas. Et zou elle court sur la couvertine, revient sur l’appui de fenêtre et reste de hors à m’observer. Elle voulait sans doute connaitre jusqu’au bout la recette du chocolat chaud à l’ancienne. Seulement voilà, j’ai un chat critique gastronome qui vient s’asseoir sur le tabouret dès que je cuisine. Je le soupçonne d’avoir une excellente mémoire parce qu’il ne prend jamais de note. D’un coup de patte doux mais ferme,  il me rappelle qu’il a besoin de voir et sentir tous les ingrédients avant que je ne les mette dans la casserole. Parfois il demande aussi à gouter, notamment pour les courgettes, concombre, haricots verts, betterave, melon… Quand il a vu la concurrence de l’araignée, il a fondu sur elle, et d’un coup de patte, l’a renvoyée dans la jardinière. Où elle est restée sagement. Et j’ai pu finir de préparer mon chocolat chaud.

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2 réflexions sur “L’araignée cuisinière

  1. Tu as bien choisi les chats ont plus de conversation que les araignées. Les araignées sont plus utiles pour se débarrasser des insectes, ( enfin presque certains chats en mangent aussi), mais disons que l’amitié est ce qu’il y a de plus utile.

  2. Belle lipstoire. Je sens le chocolat et subitement j’en boirais bien un (j’ai de la super poudre !).

    J’espère pour toi que ton espeire t’offrira un étoile d’araignée sur tes géranium, c’est superb.

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