Les Architectes

La libraire avec laquelle j’aime bavarder aime les livres bien fait. Ceux de Gallmeister et ceux de Zulma. Elle m’a donné -entre autres – envie de lire chez Zulma un roman allemand de Stefan Heym intitulé Les Architectes.

L’histoire
Julia est toute petite lorsque ses parents, architectes communistes, sont embarqués et déportés en Sibérie. Leur crime ? Haute trahison disent les autorités, mais en fait aucun réellement, ils sont l’une des innombrables erreurs judiciaires du système soviétiques. Avant d’être arrêtés, ils ont confié leur fille à Arnold Sundstrom architecte réputé lui aussi et pilier du parti en RDA. Il sort Julia de l’orphelinat où elle est enfermée, fuit le nazisme en union soviétique, emportant Julia avec lui, l’élève en tissant autour d’elle un cocon pour lui cacher la vérité et la protéger de « l’effondrement intérieur ». Il lui apprend le métier d’architecte, l’épouse rentre en Allemagne et lui fait un enfant.
En 1956, trois ans après la mort de Staline, alors même qu’il est au faite de la gloire, revient Tieck un ancien déporté, ancien ami des parents et d’Arnold. Et c’est au tour d’Arnold de craindre les paroles de Tieck et l’effondrement de son monde.

Ce qui m’a plu
L’auteur est un marxiste convaincu et engagé contre le nazisme. Stefan Heym est le pseudo de Helmut Flieg qui a écrit ce roman en 1966. Comme il était impossible de le publier en RDA parce que bien trop critique, il a essayé en vain de le faire publier en Angleterre. Il ne sortira finalement qu’en 1974 en Allemagne de l’Ouest. En 1999, il le réécrit en allemand pour le publier, enfin.
Il décrit extrêmement bien les menaces souterraines et voilées, les contrôles que les uns exercent subtilement les uns sur les autres, les subtiles (ou pas !) jeux de pouvoirs et leurs retournements brutaux.
C’est également extrêmement poignant quand Julia décille les yeux sur le socialisme, coupable du meurtre de ses parents, sur Arnold dont les masques tombent les uns après les autres.
Julia doit affronter ses fantômes, ôter les voiles dont sa vie est recouverte. Choisir ce qu’elle veut, des décisions difficiles qui la font vaciller et cheminer vers plus de puissance.

Voiler, dévoiler, dévoilement,  intimité, encore et toujours. L’intimité avec soi-même comme un chemin broussailleux.

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