Les mots manquent – les moments que…

Je suis restée dans le territoire du café depuis hier ;  ses effluves me transportent et son marc m’invite à des découvertes hétéroclites. Bref, c’est autour de deux tasses, au café  La gitane (!!!), deux tasses mécaniques et presqu’identiques,  entre deux émanations de tabac blond, au milieu des conversations entre jack russel plus ou moins civilisés, que nous avons fait connaissance Lise et moi ce matin. Elle dans sa robe violette, moi avec mes lunettes violettes, et la chienne du voisin (Socquette de son doux nom…) avec son collier violet.

Nous avons cheminé paisiblement d’un point de jonction à l’autre, jonctions de vie, d’intérêts, de rencontres, de chemins, d’émotions. Et je lui ai parlé de ma dernière découverte, la notion japonaise d’amae que je venais de lire avec bonheur et émotion dans les pages du livre de Daniel Goleman « Cultiver l’intelligence relationnelle ». L’amae c’est en quelque sorte la sensation d’être unie émotionnellement à l’autre au point de ressentir ses sentiments à l’intérieur de soi.
C’est proche de l’empathie mais c’est plus « incorporé », et cela se passe de mots ; et pour les japonais, c’est un des fondements de leur culture et de leur sens du collectif. par le senti, je suis en permanence connecté aux autres et à leur mouvement subtiles, à leurs émotions, à leurs sentiments. Un peu comme la mère sent les besoins de son tout petit, un peu comme un chuchoteur sent ce qui agite le cheval, un peu comme Annie Duperey partie en pleine nuit à la recherche de son chat qu’elle sentait en détresse, ou ma fille qui a senti mon grand-mère mourir.

Nous respirons tous le même air, nous sommes nés des mêmes semences (comme le dit Sénèque dans un texte qui s’est imprimé il y a trente ans dans ma mémoire : Vis tu cogitare istum quem servum tuum vocas ex isdem seminibus ortum eodem frui caelo, aeque spirare, aeque vivere, aeque mori ! ), nous sommes tous connectés les uns aux autres, nous sommes tous connectés à bien plus grand que soi. Et que cela passe par les racines des arbres, le souffle de la baleine, ou les ailes de l’amitié, c’est que ce qui nous permet de vivre ensemble, de bien vivre ensemble.

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3 réflexions sur “Les mots manquent – les moments que…

  1. Quand c’est si simple, comment dire autre chose que merci la vie 😉
    C’est bon de prendre soin les uns des autres sans ces grands débordements qui sont de trop. donc amae, je retiens !
    A très bientôt
    Lise

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