Quelque chose à te dire

Mon fond de commerce, c’est les secrets : on me paie pour les garder. Les secrets du désir, ce que les gens veulent réellement, ce qui leur fait le plus peur.

(…)

Je suis un psychanalyste ; ou, pour le dire autrement, je suis un décrypteur d’esprits et de signes. Il arrive également qu’on m’appelle dépanneur, guérisseur, enquêteur, serrurier, fouille-merde, ou, carrément, charlatan, voire imposteur. Tel un mécanicien allongé sous une voiture, je m’occupe de tout ce qui se trouve sous le capot, sous l’histoire officielle : fantasmes, souhaits, mensonges, rêves, cauchemars – le monde qu se cache sous le monde, le vrai sous le faux. Je prends donc au séreux les trucs les plus bizarres, les plus insaisissables ; je vais là où le langage n’a pas accès, là où il  s’arrête, aux limites de « l’indicible » – et tôt le matin qui plus est.

Tout en mettant d’autres mots sur la souffrance, j’apprends comment le désir et la culpabilité perturbent et terrorisent les gens, je découvre les mystères qui consument l’esprit, déforment le corps ou, parfois, le mutilent, j’observe les blessures de l’expérience, rouvertes pour le bien d’une âme en pleine refonte.

in Hanif Kureishi, Quelque chose à te dire, 2008

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