Mi ange mi bête

Ils sont là à danser sous mon pinceau, derrière le feu de camp. Lucarne de lumière qui tranche sur la nuit. Pourtant elle perce et transperce. Et s’invite sur la toile en de nombreuses macules bleues. L’homme et le le loup se font suite, le sage est devant, l’impudent derrière. C’est l’animal qui guide, de toutes ses oreilles, il capte les vibrations du vent sur son pelage, il scanne le chemin dans des frémissements de truffe. Il sent où il est, il connait la forêt qu’il habite, il situe les autres espèces présentes. L’homme tente vainement de regarder par dessus son épaule, mais les yeux sont inutiles sauf pour se faire peur avec des ombres inattendues. Entre les deux, un enfant, parfaitement silencieux, serein. Il apprend la forêt par ses sens, les bosselures du sol, les odeurs putréfiées de mousse et de feuilles, les effluves fauves du gibier, le murmure des ruisseaux, les rayons de lune qui écrivent sur les troncs. Tout près du feu et de la lumière, il étouffe un peu, il a bien trop chaud et il lui tarde de plonger dans la nuit et ses démons.

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4 réflexions sur “Mi ange mi bête

  1. Eva, l’entre deux, toujours et encore ! A moins que ne soit les chemins d’encre qui mènent à l’antre du loup !

    Laure, avec le tableau, ce serait aussi intrigant mais peut être plus ludique ! Mais pour cela il faut que j remette la main sur mon appareil photos, et dans le fouillis ambiant c’est pas gagné

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