Harmonie

La brume pend aux arbres comme de l’encens (*). La terre brûle son parfum. Il ne manque que le cliquetis de la chaîne qui se balance. Les aiguilles de pin se secouent dans le vent du soir qui apporte, portée après portée, la mélodie sourde de la nuit. La mélodie des corps endormis, la mélodie des corps embrasés, la mélodie des corps consumés.

Les arbres émergent d’un lavis mélancolique qui explore toutes les nuances sépia des chairs indolentes. Le peintre a fouillé une palette étroite et d’un trait de plume redressé les végétaux engloutis dans le brou de noix.

Le lait de la lune et le fumet de la terre tissent une couverture d’amour pour protéger la reine brune de la forêt des morsures du froid.

Sa prière s’élève en volutes jusqu’au ciel d’où la contemple le grand tisserand.

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* L’histoire de la brume, Stuart Dybeck

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