Tout de bogue vétu

Il s’est aventuré seul dans le soleil de la forêt, nu comme un vermisseau nouveau-né.

Il a demandé aux fleurs la permission de les cueillir, goûté quelques baies, lappé l’eau fraiche, poursuivi tout le jour oiseaux et lapins de ses jeux .

La nuit est venue avec son manteau froid, les animaux se sont tus, et les arbres aussi. La solitude est devenue un peu plus épaisse et poisseuse.

Il grelottait en silence attendant patiemment que la nuit passe.

La forêt a déposé à ses pieds une bogue de châtaigne à peine ouverte et odorante, le lait de la gousse avait pris corps, délicat croissant de lune.

Il s’est penché délicatement, a posé ses fleurs en offrande, et la bogue s’est ouverte plus grand, il s’est faufilé dedans pour se réchauffer à ses tanins. L’amande était devenue femme. Elle a ouvert les bras pour l’accueillir.

La chaleur est devenue incandescence.

(librement inspiré d’une peinture d ‘Eva)

 

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