Le lin dans tous ses états

Jubilation du verbe et de la rencontre. Deux femmes qui cherchent. Une peintre. Corps de danseuse qui se déploie. Marionnette à fils de lins ? Un mur rouge émerge de la brume de mer.  Un mur à habiller.

L’horizon s’est barré d’un fil roux tout effiloché. Fibres brisées, lavées, froissées à foison. Filasse. Amas. Fragments. Chaos de matière. Fragments de femme.

Rouir. Colère du fil roux étiré sur la navette. La filasse s’épure en étoupe et pur fil. L’un. Unité de lieu et de matière. Brique, lin. Passé, présent. Et au milieu un fil. Fil de soi.

Métier qui tisse de l’un à l’autre, de lin et d’autre. Fracas des machines contre silence des champs. Fracas des mots contre silence des toiles.  Une à une les pointes de fer supplicient la toile sur le châssis .

Ecume de mer. Fleurs de lin. Étoiles bleues, clairs de lune minuscules posés amoureusement sur les champs. Le lin tendu sur le cadre se pare à son tour de minuscules étoiles de couleur, geste après geste.

L’artiste se tait. Mots suspendus, frémissements de la toile et du pinceau, élans intimes du peintre, orgasme du lin offert à nos regards.

 

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