Quelques mots glissés là ou des Haikus hétérotopiques

Samedi 8 décembre prochain, vernissage d’une expo collective des artistes de la galerie Alain Gutharc avec une des œuvres de Vincent J. Stoker, une Hétérotopie de la série « La chute tragique » en attendant de découvrir la série « L’autopsie d’un rêve » dont vous avez déjà pu voir une des photos dans le Figaro Madame… ou sur le site de Vincent directement.

Et in memoria quelques haïkus hétérotopiques des  chutes tragiques…

Des milliers de mains
ont posé sur ton dos
la sueur des victoires.

Deux anges veillent.
Le craquement des prie-dieux
ne les troublent plus.

Sur chaque pilier
stigmate de leur terreur
la mousse témoigne.

Du fond de la terre
apparaît
un vaisseau vert
qui vole le vent.

Par dessus les  toits
posé sur la terre humide
le ciel bleu sourit.

Damier au plafond
les blancs jouent et frissonnent.
Le temps va gagner.

L’enfant a grandi.
Seuls restent les mikado
encore étalés.

Des vies côte à côte
Il ne reste plus que les croix ferventes.
L’oubli  a tout dévoré.

Une étable au vent.
Les vaches se sont enfuies
Les couleurs tiennent les vitraux.

Le peigne assez grand
pour démêler tes cheveux marins
demeure introuvable.

Longues nuits de sueur
Nos sangs se sont emmêlés
dans la lumière qui meurt.

Rouages rugissants
broient le blé de nos vies.
Reste la poussière.

Torrent de voitures
transformées en aiguilles de pin.
La forêt avance.

Tapi dans sa grotte
le loup surveille le nid
Seule bouge la truffe

Craquements épars.
L’échelle dévale le toit
et brise les sièges occupés.

Ma main caresse,
Ton dos frémit
Le parque craque sec.

Sur les galets blancs
le cimetière d’éléphants
s’étiole en silence.

Sous les dômes de cuivre
le sorcier brasse nos rêves
et tisse nos nuits.

Ventre déchiré,
milliers d’écailles au vent
le piano chavire.

Sans bruit ni matière
les casiers gardent les traces
d’un temps aboli.

Tapie au plafond
elle chaperonne
le berceau vide de ses proies.

L’éléphant est fou.
Fatigué, brutalisé
Il gueule son refus.

Du ciel avisé
tombent des peaux de renard.
L’attente est douce.

Un bras de lierre
s’échappe par la fenêtre
loin des murs boursouflés.

A tous les étages
la chiure de peinture
macule le lieu virginal.

Carrés ramollis.
Le chocolat infuse,
il a tout son temps.

Voûte céleste,
le ciel à caissons somptueux
cherche ses étoiles.

Les feux passent vert.
Le vent s’engouffre et couche
tout sur son passage.

Paysages en pot
cernés de lambeaux de peau,
tu crémes ton jour.

Mère universelle,
tu offres tes totems roses
aux baisers solaires.

(C) Pali Malom

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s