Que reste-t-il ?

Hier soir c’était le lancement du livre « Que reste-t-il de nos rêves » de Flore Vasseur. Un petit bout de femme haut comme trois pommes qui écrit en apnée. Son dernier livre parle de la trajectoire étonnante d’Aaron Swarz, jeune prodige américain de l’internet, qui s’est suicidé (ou qui a été suicidé) pour échapper à la peine de prison de 35 ans qui lui pendait au nez. Son crime : avoir téléchargé au MIT où il était étudiant des fichiers, accessibles gratuitement aux étudiants mais par paquet de 10. Téléchargé seulement. Il ne les avait ni vendus, ni promis, ni rien. Il a restitué les fichiers, l’éditeur a retiré sa plainte, mais l’administration Obama l’a poursuivi.

Aaron Swarz c’est lui qui a travaillé avec Larry Lessig pour nous offrir les Creative Commons, c’est lui qui a crée l’Open Library, le flux RSS pour permettre à chacun de s’informer librement sans qu’un algorithme ne le fasse pour nous, c’est lui encore qui a conçu, développé et offert des boites à lettres cryptées pour les journaux et les lanceurs d’alerte.

Fervent protecteur de la démocratie, il voulait changer le monde, protéger nos libertés sur Internet. Il a été détruit à 26 ans ; il est mort le 21 janvier 2013.

Je n’ai aucun souvenir de sa mort en 2013, ni même de son nom, aucun souvenir des débats sur la loi SOPA aux USA, je me souviens des remous en revanche de la loi War on Terror de G. Bush junior. Sinistre petite sœur de notre état d’urgence à la française. La remilitarisation sournoise de nos démocraties. J’ai découvert sa pensée au travers des échanges avec des citoyennes de #MA VOIX. Et en lisant ce livre, me sont revenues en mémoire des bribes de discussion. J’avais même l’impression d’entendre la voix de Q. sur les mots d’Aaron.

Ce livre n’est pas une biographie authentique. C’est plus l’histoire de la quête de l’auteure pour redonner corps, chair et souffle à cet activiste qui l’a profondément touchée. Pour le retrouver, elle part aux USA sur ses lieux d’enfance et de ses tranches de vies, à la rencontre de certains de ses proches, famille, ami..s, activistes, à la recherche de sa présence persistante. Sous la plume de Flore, Aaron Swartz n’est pas un fantôme qui hante le monde de la toile, c’est une source qui nourrit, un berger qui montre un chemin de la vie debout.

Hier soir, pour le lancement du livre, Flore a proposé aux invité.e.s qu le souhaitaient de lire des extraits de l’ouvrage, au gré des envies, à la condition d’expliquer pourquoi on avait envie de lire ce passage précis-là. L’une a choisi de lire un extrait sur la maman de Aaron Swartz, une autre sur le Guerrilla Open Access Manifesto, un autre sur la première rencontre avec Larry Lessig, un autre encore, l’incroyable campagne contre la loi SOPA… Curieusement personne n’a choisi d’extrait sur l’écriture ou le rapport singulier de Flore à son personnage. Cela a donné un joli kaléidoscope des thèmes du livre, de ce qu’il vient soutenir ou nourrir. Une illustration que la diversité des sensibilités est à l’œuvre, partout, tout le temps. Un joli moment de rassemblement et d’humanité.

Le site de Flore Vasseur :
https://florevasseur.com/books/ce-quil-reste-de-nos-reves/

Et pour découvrir Aaron Swartz en « vrai » :

 

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