Les tables à jeu de Libor Fára

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Libor Fára est un artiste surréaliste tchèque, peintre, graphiste, né en septembre 1925 à Prague et mort en 1988. Il a beaucoup travaillé en collage, assemblages en bois ou en métal, et réalisé un travail singulier incorporant des photos d’objet ou de personnes. Dans les années 6O il a beaucoup travaillé pour le Divadlo Na Zábradlí  (Théâtre sur la Balustrade) pour lequel il a créé des affiches, des costumes et des décors de scène. C’est le théâtre dans lequel Vaclav (cela se prononce Vatslav) Havel – dont il était ami – a créé ses premières pièces.

L’exposition Rythme qui se tient jusqu’au 7 février 2016 pour commémorer les 90 ans de sa naissance au musée Kampa de Prague présente une partie de son travail et quelques œuvres qui m’ont beaucoup touchée, notamment les hraci stoli (tables à jeux).

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Au premier coup d’œil tu sais que ce sont des fragments de table à jeu et en même temps tu as l’impression d’avoir une table à jeu complète, une table à jeu avec l’esprit du jeu. Chaque œuvre entre en résonance avec une évocation de jeux anciens jeu en bois (flippers anciens, jeux de quilles, jeux de palets, jeux d’adresse….). Avec un art maitrisé du collage, des formes, de la composition très épurée.

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Et quand tu regardes son travail de collage « papier » ou de peinture tu retrouves le même jeu libre de composition, la structuration autour d’un rectangle, l’assemblage de formes simples, cette liberté prise avec le cadre quand nécessaire.

 

Une galerie en ligne de son travail

Un très joli mini film de la TV tchèque qui donne un avant goût et un extrait d’Ubu roi avec des décors de Libor Fára.

Une longue émission consacrée à Libor Fára (non sous titrée :)) à la Bibliothèque Vaclav Havel avec des témoignages de sa fille, de Vaclav Havel et nombre de ses amis.

 

In vino veritas

Charles Lafay

Quand le vin est tiré, il faut le boire, ou son avatar allemand jetzt stehen die Kartoffeln auf dem Tisch, jetzt werden sie auch gegessen, mais je crois que la barrique est plus esthétique qu’une nature morte aux pommes de terre, aussi cubiste soit-elle. J’aime le travail des triangles orange dans ce tableau qui donne une structure qui s’efface doucement dans la sombreur de la cave aux accents de coucher de soleil d’hiver.

Dans les barriques et la cave reposent les jus de l’année. Ils vont commencer leur lent et patient travail de maturation et de transformation. Ils vont travailler jour après jour au gré des jours de la nouvelle année qui va imprimer sa marque aussi, ses sautes de température, ses humeurs, son humidité ou sa sécheresse. Quelle concentration attendre ou atteindre ?

Je vous souhaite de clôturer en douceur 2014 et de partager de beaux moments avec ceux et celles qui vous sont chers.

Je vous envoie une cascade de flocons givrés pragois pour une année 2015 riche en féerie et en réalisations joyeuses !

Les collages de Babelle

Pour le vernissage de ce soir, Babelle était collagiste sur lin, collagiste de petits formats qui dansaient sur les murs blancs. Parce que Babellle danse aussi, et cela se sent très bien dans la mise en mouvement de ses personnages de papier.

Un beau morceau de lin brun, lavé, repassé, tendu, collé sur support rigide. Et sur cette magnifique toile de lin brun, couleur d’un pain très cuit, qui donne envie de toucher de la pulpe des doigts. Et sur la toile de lin, délicatement posées quelques couches de gouache aux pigments parfois très intense, parfois en camaïeu fondus. D’un collage à l’autre on voyage des boubous africains aux cinquante nuances de gris bleu d’un jour d’orage sur la mer. De la mer turquoise à la mer qui tempête. Du pain cuit à la terre écrasée de soleil.

Et sur les couches de gouache appliquées avec grande méticulosité, rectangles parfaits, lignes pures, des collages de papier minuscules ou immenses, et puis, ici ou là des rehauts de gouache très légers, ou carrément des méduses qui jouent aux lampions de jardins. Et puis un trou, un espace non peint. Les lampadaire en profitent pour s’installer là, à moins que ne soient les poteaux d’une hutte ou encore une échelle. Le tout bordé de ce lin brun dont on ne sait plus très bien s’il est subtil passe-partout ou matériau du collage.

Et ces collages accrochés comme des marches d’escalier un peu folles nous transportent d’une scène à une autre. Voyage balisé tout de même parce que ce sont des jalons d’un même monde. Mais les infos en vont pas plus loin. A vous de vous transformer en voyagiste aventurier, d’aller questionner les œuvres pour trouver des réponses, de vous laisser naviguer d’île en île, de territoire. Vous ne trouverez pas le programme détaillé du voyage organisé, ni une présentation aguichante de chaque site. Non, Babelle est un peu sorcière, le voyage est sans sous titre. A vous de mêler vos mots à la gouache, au papier et au lin. Et peut être ainsi rencontrer les siens.

Bon voyage !

Le site de l’artiste

Les coulisses de la nuit

Déjouant toutes les prévisions météo de la semaine, le soleil brille tout l’après-midi. Trop bien. Nous pouvons déployer tout notre portefeuille de compétences : chauffeur, livreur, manutentionnaire, assembleur, colleur… Tout cela pour reconstruire les œuvres, dehors, à la lumière. Assembler les traverses, monter les châssis, agrafer le carton du fond, coller patiemment à la pâte adhésive blanche chacune des 100 œuvres de la communauté, dans le bon ordre…

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Des hommes et des femmes passent près de nous, s’arrêtent, regardent ou nous contournent d’un pas pressé. Les questions leur brûlent les lèvres mais la plupart détourne le regard et les pas. Visiteurs, salariés, étudiants, la tribu du Campus constate avec une certaine perplexité la métamorphose de la cour. « Ah ? Il y a des artistes ici ? » Deux toiles de 150*150 cm, appuyées sur les grilles, cela prend de la place. Fantasmagorie et Effervescence. Le programme de la nuit. Le titre des œuvres.

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16h30: les artistes sont fourbues et heureuses. Le marchand d’art qui nous a vendu les mauvaises traverses n’a pas réussi à nous mettre dramatiquement en retard. Un dernier coup de blush sur Fantasmagorie, et hop, direction la remise du musée pour passer une nuit tranquille et sèche. Dans cette pièce minuscule de deux mètres par un mètre s’entasse tout le matériel pour la performance du lendemain – cartons entoilés blancs, tubes d’acryliques, pinceaux, couteaux et autres outils personnels – et pour faire vivre les « communautés d’œuvres » – papier, polaroid, pellicules, pied…

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Samedi matin, les installateurs du musée devraient aménager dans le lieu un atelier de travail pour V. et M., et accrocher fermement leurs deux œuvres dans une salle « boudoir » d’exposition. Du moins c’est ce qu’on espère en fermant la porte de la remise.

Les coulisses du jour

9h30. les deux installateurs sont là. Ils ont déjà vu avec les artistes tous les détails : préparation, accrochage, éclairage. Sentiment délicieux de pouvoir s’abandonner un peu et cesser de jouer les femmes couteau-suisse.

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11h. Pendant qu’ils s’affairent, nous préparons le matériel dans la salle du musée où se tiendra la performance. Les deux artistes vont peindre en direct, immergées dans un lieu inhabituel de création. Un fil conducteur entre les femmes passées et présentes du lieu : la recherche…

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Impossible pour l’instant d’accéder à la salle boudoir pour préparer la soirée, i.e. installer le coin photo, installer la zone d’accueil, disposer les books, les livres des artistes, les informations sur la performance, le livre d’or, les cadres, les passepartouts. La salle est encore dans un fouillis indescriptible de tables, chaises, cartons, fils, outils… Le musée va ouvrir dans quelques minutes jusqu’à 17h00 puis fermera une heure avant de ré-ouvrir pour la nuit des musées.  Je pars déjeuner pas très tranquille. Il reste encore tant à faire.

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Déjeuner en famille au presque soleil très frais. Pause légère et joyeuse. Voyage exotique au pays des saveurs, au menu mignon de porc sauce Hoisin. Et la tarte du jour pour terminer en douceur. Une tarte au citron sans son manteau blanc bien trop sucré. Tarte jaune beurre frais et rose framboise comme sa garniture de fruits & une tasse de café de Papouasie légèrement acidulé lui aussi. Me voilà prête pour repartir.

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15h. Le choc. Les deux plasticiennes sont là, la salle boudoir est en chantier pour quelques heures encore. Si Sainte Rita ou Mary Poppins ne nous donne pas un coup de main, non seulement il va pleuvoir comme vache qui pisse mais, pire encore, nous ne serons jamais prêtes pour 18h. Ainsi va la vie. Chronique d’un retard annoncé…

17h. La dernière visiteuse renâcle à aller attendre une heure sous la pluie (Rita nous a lâchées complètement…). Les œuvres viennent d’être accrochées après moultes péripéties mais pas les éclairages.

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17h45. Un homme charmant nous informe que la foule attend dehors et que le musée ouvre dans 15 minutes. Mission impossible. Les artistes se concentrent.

La nuit démarre

18h. Le musée ouvre ses portes avec force famille et poussettes qui s’engouffrent. Les artistes prennent place dans leur « atelier éphémère ». Elles s’installent sur leur scène délimitée comme une scène de crime. Je ne verrai ni les premières couleurs, ni les premiers coups de pinceaux.  La salle boudoir reste fermée pour le moment… Nous sommes sur le pont des finitions qui n’en finissent pas. Je fais la navette entre l’atelier et la salle d’exposition… L’équipe est en place mais pas l’éclairage…. La nuit et la pluie descendent doucement sur Paris et obscurcissent le ciel.

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18h30. La ruée vers les œuvres. La foule patiente découvre les deux cents cartons toilés singuliers qui constituent les deux œuvres achetées par le musée. Certaines personnes n’entrent pas et repartent de suite, d’autres hésitent, d’autres enfin s’aventurent et s’intéressent à l’événement proposé. C’est parti. Je donne quelques explications sur la proposition artistique aux amateurs qui sont là. C’est le démarrage de 5h30 d’échanges, de partages, de silences, de surprises, d’explications, de photos. 5h30 de médiations et d’interactions avec des visiteurs  de tous âges, de toute l’Europe et même plus loin : Belgique, Suisse, Lituanie, Finlande, Italie, Irlande, États unis… Nous sommes quatre dans la salle à nous occuper des visiteurs – amateurs – acheteurs et nous aurons à peine le temps de manger 😉

23h45. Un couple de jeunes visiteurs rentre dans la salle. Je pense que ce seront les derniers. Ils m’expliquent qu’ils ont tracté toute une partie de la soirée pour les musées et qu’ils ont eu envie de voir ce qui se passait là avant de rentrer. Je suis touchée de leur démarche.

23h55. Un dernier visiteur. Je m’élance et m’arrête. Il est de la famille…un fils prodigue ? Mieux vaut tard que jamais !

0h30 Tout est démonté, empaqueté et tient dans la minuscule voiture qui se dilate pour accueillir tout le matériel et le rapporter à l’atelier. La voiture disparaît dans la rue Pierre et Marie Curie, et moi dans la rue d’Ulm tranquillement, goûtant l’air frais et lavé de la nuit. Je savoure jusqu’à l’ivresse de pouvoir déplier mes pas et non plus piétiner le sol dans de minuscules déplacements.

La Seine est très haute et roule ses camaïeux de gris sous les ponts de Paris. Et je songe à toutes ces œuvres qui vont découvrir leur nouvelle maison, et à toutes ces personnes qui ont fait le choix d’entrer dans les communautés ce soir, de nouer des liens invisibles et subtiles avec d’autres personnes qu’elles ne rencontreront peut être jamais…

Collages intérieurs

Entrer dans le monde des collages de Christine Anziani, c’est un peu comme aller marcher dans le salar d’Uyuni en Bolivie. On est saisi par le silence et l’immensité blanche dans laquelle elle fait évoluer ses créations. Salar, ou désert de neige aux cinquante reflets et nuances de blancs d’où surgit un peuple étonnant de diversité. Certains personnages s’arrêtent au noir et blanc, d’autres osent le bleu intense, et puis peu à peu, d’autres émergent à la lumière et à une gamme colorée plus vaste, plus humaine, de terre et de sang.

Ici, une femme bleu nuit marche précipitamment vers un rendez-vous encore secret, quoique. Là, un oiseau philosophe arpente l’espace nu d’un pas grave, absorbé en lui même par ses pensées. Un peu plus loin, c’est le chien de Sherlock Homes qui récapitule l’enquête avant de se lancer à la poursuite d’une drôle de malfrat qui joue les passe-murailles. Si loin, si proche, le roi et la reine veillent sur leur sujet, lui dans un pouvoir fragile, elle dans une écrasante présence. Christine est une découpagiste de haute volée, elle manie le scalpel d’une main virtuose pour créer des personnages avec peu. Ajusteuse de haute précision, elle assemble lignes, nuances, couleurs, matières, et lumière pour réunir les fragments découpés du monde dans une recomposition durable.

(c) Christine Anziani
(c) Christine Anziani

Les collages de Christine sont une forme de recréation des marionnettes indonésiennes du théâtre Wayang. Corps denses et colorés, membres filiformes, réduits à l’extrême et destinés à indiquer mouvements et direction. Chaque personnage, tel une carte de tarot de Marseille, raconte une tranche de vie à qui veut bien s’arrêter pour l’écouter. Chaque personnage s’anime au contact de ses semblables et nous entraine dans un monde aussi intense que celui d’Alice. D’ailleurs le lapin est bien là. Grand chambellan du voyage poétique, du voyage créatif en soi même.Quasimodo côtoie la plus mondaine des parisiennes, Jeanne d’Arc un cheval qui essaie la posture de l’arbre…

Le travail de Christine est traversé par plusieurs thèmes qui se combinent : féminin, double, solitude, et d’autres encore. Solitude intense des personnages qui errent seuls dans leur grand écrin blanc. Solitude essentielle, non pas celle qui fait rester sous la couette pour prolonger l’anesthésie, non, celle qui renvoie à soi, à la concentration de l’expérience, à l’essence de soi. Nous sommes irréductiblement seuls sur cette terre. Seul et pourtant appariés. Et parfois des personnages janiformes, humains ou animaliers, traversent l’espace blanc en nous interrogeant. Qu’est-ce qui est visible ? qu’est-ce qui est invisible ? A la rencontre de qui vais-je ainsi ? Le même en moi ou l’autre ? Le connu ou l’inconnu ? Aller marcher avec les personnages de Christine, c’est prendre le risque de se rejoindre, là où l’on est.

(c) Pali Malom

Little paradis

Hier soir c’était le lancement de Little paradis, parcours féérique dans les rues du 10e arrondissement. Animation garantie de 17 à 23 heures. Noël avant Noël. Et cela se poursuit jusqu’à dimanche de 14 à 19 heures.

Sitôt la réunion de bureau de l’assoc  finie, je file ligne 2, descente à Barbès et marche revigorante jusqu’à la rue Hauteville, moi grippée et déguisée en oignon, la tête sous un bonnet gris des moins gracieux, mon amie dans sa doudoune noire très classe en duvet, les cheveux aux vents. Pas besoin de lire les noms des rues, il suffisait d’y aller à l’oreille. La fanfare s’entend d’assez loin, et les percussionnistes s’en donnent à cœur joie sur leurs tambours. Ils se réchauffent à leur manière… Et hop nous voilà arrivées. La porte poussée je fonds comme un loukoum. L’atelier de MeCR est chauffé, ô miracle, et surtout cela déborde de chaleur humaine et d’étoiles dans les yeux. Et zou bonnet, manteaux, pulls valsent et atterrissent sur la banquette. Direction les deux salles microscopiques, l’une pour une exposition des œuvres de MeCr et Vifke, l’autre abrite une performance en cours. Une performance en-thou-si- smante autour de la Féérie du lien et de la rencontre entre le peintre, l’acquéreur et l’œuvre.

Dans la salle,  des séries sont installées : Pierre dorée, Impermanance, Vulcano, Identités plurielles, Papier cadeau-papier froissé, Carrés magiques, Graffitude. Ce sont des séries composées de 12 à 16 peintures qui attendent leur public. Pour participer, quelques règles du jeu simplissimes :

1. Découvrir les séries (un grand moment de bonheur)

2. Avoir – éventuellement – un coup de cœur pour une ou plusieurs pièces (et franchement c’est plutôt choisir qui est difficile !)

3. Prendre le risque de l’acquérir sans connaître d’avance son prix exact. Fourchette 1, 5, 10 ou 20 euros selon la série (en fait cela met même du sel !)

4. Accepter d’être photographié(e) avec l’œuvre (même de dos si on ne veut pas montrer sa trombine). Et c’est votre photo avec l’oeuvre qui sera accrochée sur le mur en lieu et place de l’œuvre choisie.

5. Appartenir désormais à une communauté, celle de l’œuvre complète (et éventuellement rencontrer sur place d’autres membres de la communauté. Après tout si nous avons choisi les pièces d’une même série, nous avons sans doute des choses à nous dire).

6. Revenir en mai 2013 pour la prochaine édition de Little paradis,  avec une photo de l’oeuvre achetée en situation ! et pouvoir découvrir ainsi la prochaine performance !

Les photos sont publiés (presque) au fur et à mesure sur la page facebook de MeCR et sur le mur de l’atelier, c’est jubilatoire. Une fois l’oeuvre choisie, on découvre son prix (tiens c’est quoi au fait la valeur d’une œuvre d’art ? cela se calcule comment ?), on prend ou pas une Marie-Louise pour l’encadrer, on répond à un petit questionnaire astucieux qui fait réfléchir (un peu) sur sa relation à l’art, et on discute, on discute, avec les deux artistes, avec les gens qui rentrent, qui sortent, avec la fanfare (mais comment ont-ils réussi à tous rentrer ???) avec les comédiens troubadours. Et on fait des rencontres improbables :  son voisin qu’on ne voit jamais, un ancien prof, un élève de peinture du même atelier que soi, d’autres artistes, d’autres duos d’artistes, des rêveurs, des promeneurs… Et on repart, l’oeuvre signée sous le bras, son certificat d’authenticité avec, bien à l’abri dans un joli kraft brun, vers une autre destination « art », « design », ou « fashion » au gré de l’envie. Des étoiles plein les yeux, le cœur en fête.

Oui c’est la féérie des communautés !

Prendre soin de soi avec François Chapuis

Chaleur torride à Guebwiller ; je cherchais désespérément une linzertorte, et l’homme un pain convenable gouteux et qui se conserve… Nous avons arpenté la grande rue (rue de la république, forcément) de cette sous préfecture alsacienne, ville étape du chemin de Saint Jacques (c’est bon pour se ressourcer) de la plus récente, l’église Notre Dame (XVIIIe), à la plus ancienne, l’église Saint léger (roman tardif) toute en grès rose.

Elle est imposante et ornée de tout un tas de sculptures étonnantes, notamment sur l’un des pignons extérieurs. Mais la surprise la plus colossale est dedans. Ses vitraux ont été très abimés au fil des ans, et pour partie remplacés par des vitraux du Maitre Verrier François Chapuis (1928-2002).

En quelques vitraux, il donne une leçon sur l’essentiel : ce sont les couleurs qui font la lumière, et pas l’inverse. Ou pour le dire autrement, les vitraux utilisent les couleurs de l’arc en ciel, les couleurs des chakras. En rentrant dans une église, et particulièrement les plus anciennes toujours bâties sur des hauts lieux d’énergie, nous prenons un bain de couleurs équilibrantes et vitales. Chacun peut ainsi prendre soin, dans ce moment de repos de l’esprit qu’est la méditation ou la prière, de qui est faible en soi.

Nos ancêtres ont inventé la chromothérapie bien avant nous, entre autres 😉

Vous pouvez admirer d’autres vitraux de François Chapuis à l’Église Saint Pierre du Champ de la Pierre (61), à l’Eglise Saint Georges de Sélestat (68), à la Cathédrale St Léonce de Fréjus, à l’Eglise St Jean-Baptiste-St Denis de Vélizy, à la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul de Nantes, à l’église Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean-des-Baisants (50)