Après l’effort

En fin de semaine, le chantier dort. On ne dirait pas que c’est la fin de semaine. Juste que les hommes qui travaillent là ont tout d’un coup été saisi par l’urgence de partir au plus vite, et rejoindre l’essentiel de leur vie à la seconde.  Parfois il reste un plan grand ouvert sur la planche  posée entre deux tréteaux, calé par deux briques, parfois des outils qui semblent avoir glissé des mains de leur propriétaire, subrepticement. Parfois c’est beaucoup plus doux….

travaux, travaux...

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Histoire sans paroles

travaux, travaux, travaux

Bon ! Je vous avais prévenu(e), les bandes de goudron me fascinent, cela ne se raisonne pas. Et les petits piquets réguliers pour maintenir les planches aussi.

Le premier du chantier à m’avoir remarquée c’est le contremaitre, qui se demandait bien ce que je fichais là de bon matin à regarder par là-bas  avec un appareil photo. Dans le doute il m’a hélée pour me dire bonjour.C’est vrai cela, quelqu’un qui dit bonjour ne peut pas être fondamentalement  mauvais. Je lui ai rendu son bonjour, il a souri et notre échange a fait sursauter l’ouvrier qui travaillait et qui s’est remis au travail.

Je tentais de prendre des photos, d’essayer des cadrages, des réglages, des mélanges de couleurs, bref je pataugeais gentiment. Et le contremaitre s’est mis à héler son ouvrier en me montrant du doigt  et en me mimant prenant des photos. Genre discret absolu. D’un signe universel il lui a fait signe de se rapprocher. Le gars au fond du chantier à fait deux pas vers moi et il s’est arrêté. Il a fait semblant de me rendre en photo. Alors je l’a pris en photo et je lui ai envoyé un grand signe discret : le pouce levé, le poing serré, dressé vers le ciel. Il a approuvé du même geste et est reparti travailler. Moi je suis restée encore un peu…

Aplats de couleur

composition au couteau

Les chantiers sont des sources d’inspiration inépuisables pour moi, après les câbles protecteurs de tuyaux et les carrés d’armature du béton, le carré livre un autre secret, celui des droites, sécantes ou non, et des grands aplats de couleur.

Ces grandes bandes rouges me font penser aux grandes bandes rouges fuyantes de la discothèque désaffectée que Vincent a photographiées.  Je n’ai réussi à comprendre cette photo qu’en essayant de la peindre. Là c’est plus ludique, j’avais envie de jouer avec les pinceaux ! Et je suis restée pas mal de temps à regarder les ouvriers poser les bandes d’étanchéité de papier goudronné noir.

Un carré par ci

Le format carré est très spécial en peinture comme en photo. Je me suis amusée à jouer sur ce format et les opportunités géométriques qu’il présente. Invitation à regarder autrement des images, les cadrer autrement, les mêmes parfois, s’autoriser  toutes les audaces. J’ai commencé hier, poursuite aujourd’hui pour ce premier jour travaillé de mai, je vous propose un clin d’oeil sage et classique de lignes.

Trvaaux, travaux, c'est le week end