Beautés naturelles

L’association Tendua (léopard en sanscrit) présente jusqu’au 21 novembre une exposition photo intitulée Beautés naturelles à la mairie du 6e arrondissement. Plaisir des yeux le temps d’une immersion flash en différents lieux de notre planète. Témoignage de biodiversité menacée et collecte de fonds pour soutenir les programmes par la vente des photos exposées, tirées en nombre limité.

tendua_onyx

Cette expo tisse plusieurs fils qui permettent à un public nombreux d’apprécier tout ou partie du travail exposé. Un fil animaux qui montre girafes, onyx, lion, éléphants, diables des mers, moineaux friquets… parmi elle une photo touchante Christian Baillet, une éléphante et son petit sous une pluie torrentielle. Impuissance des ces grands mammifères face aux éléments. Jolie parabole. Un fil végétal, un fil paysages, un fil matière (eau, terre, air) avec un très bel éléphant ocre La Matriarche de Myriam Dupuis

tenua_elephantUn fil couleur aussi – avec une belle exploration des ocres rouges, et enfin un fil graphisme qui m’a particulièrement touchée dans trois œuvres très différentes. Graphisme et matière, graphisme et couleur.

Farandole diablesque (eau…)

Sur un fond bleu de Prusse un peu évanescent, cinq raies (diables des mers) des Açores posées là comme des hiéroglyphes secrets. A leurs cotés, de ci de là quelques poissons bancs, quelques poissons noirs qui ponctuent l’espace, et puis une écharpe vaporeuse de poissons zèbres. En reculant de quelques pas je réalise tout à coup que les diables des mers sont insérées dans une gloire renversée, une corolle de pétales de lumière d’une douceur hypnotique. Et les raies tout à coup se font pistils d’une éphémère fleur des profondeurs (pardon au photographe que je ne peux citer, je ne relis pas mes notes…)

Le royaume du Lion (terre)

Un lion embrasse du regard son territoire kenyan : une splendide savane mordorée qui donne à voir un camaïeu très restreint de couleurs. Un impressionniste patient a posé là une couleur après l’autre avec son pinceau feint. Et son tissage singulier de couleurs dessine des vagues d’herbe qui vibrent d’une tonalité singulière. On voudrait caresser cette herbe étrange et on se prend à rêver d’être un lion minuscule arpentant ce royaume majuscule.

Morani de Tony Crocetta
Morani de Tony Crocetta

Six moineaux friquets (air)

Nouveau peintre, chinois cette fois, maitrisant la peinture XieYi à la perfection. Un ciel des Vosges immense, aussi grand que la savane kényane, un ciel tendre de petit matin frais tout en doux tons gris perle, bleu et rose layette. Des bulles de brouillard qui éclatent au soleil levant. Et quelques fines branches d’arbre, nues, rougies par le froid de la nuit. Dessus un bouquet de moineaux friquets dont l’encre sèche au soleil. Minimaliste. Beauté naturelle et graphite. Infinie poésie de la vie. Joie pure de cet instant de grâce offert là en partage.

Moineaux friquets de Vincent Munier
Moineaux friquets de Vincent Munier

Le café céramique

En déambulant au gré des rues de Paris, je suis entrée tout à l’heure, place Saint Sulpice, dans une grande expo à ciel ouvert dédiée à l’art de la céramique. C’est la 14e édition des journées de la céramique, du 30 juin u 3 juillet, de 11h à 20h, et vous y trouverez les œuvres de 100 céramistes français et étrangers.

Lorsque vos yeux seront repus et vos doigts saturés de ces textures innombrables, vous vous laisserez aller jusqu’au café méo temporaire, installé au coeur des stands. Non seulement vous pourrez choisir votre café, ou votre thé, mais , o sublime expérience, vous pourrez aussi choisir votre tasse ou votre bol, parmi la centaine proposée par les artistes. Invitation à re visiter l’exposition en brassant les matières et les styles. L’expérience est extra parce que pour boire un breuvage chaud, mon cerveau ne regarde pas les tasses de la même manière que lorsqu’il regarde une oeuvre d’art. Désacralisation d el’art, invitation à voir dans le profane du sacré en puissance. Et je me suis surprise à regarder avec délectation des tasses qui me semblaient parfaites pour boire et que j’avais à peine entr’aperçues lors de mon tour de visite.

Ah les pièges de l’intention… 😉