Z comme Shootée aux endorphines

La semaine dernière Sandrine partageait en souriant un plaisir intime bien étrange. Non rien de grivois. Juste le plaisir qu’elle avait à faire tranquillement sa vaisselle (oui cela existe !!!).  Elle en parlait avec une jubilation qui me rappelait le plaisir que j’ai pu éprouver en faisant des travaux manuels au zendo, en pleine conscience.  Sentir aussi bien tout ce qui se passe dans le corps, les muscles, les articulations, que le geste, la poussière qui vole dans la lumière, les odeurs qui se déplacent, l’énergie des autres autour de soi. C’était plus facile pour moi de balayer dehors que de faire la vaisselle, tant pour elle je devais me défaire des gestes automatiques pour tenter d’éprouver un geste neuf et habité.

Je sortais du zendo le samedi midi complètement shootée aux endorphines… La lumière était plus vive, les couleurs plus éclatantes, le monde plus beau. Et cela me manque ce zendo qui a fermé ses portes, parce que méditer tout seul dans son salon, c’est super, mais il manque toutes les vibrations des autres, tout ce qui aide à déposer l’armure pour se relier en douceur, en conscience à tout ce qui nous entoure.

Et si vous voulez découvrir mes impressions lors de mon premier zazen, c’est là, sur Saveur(s), le blog des débuts !

Minuscules

Deux minuscules instants de joie immense :

Une petite fille sur un escalator, elle ferme les yeux pour mieux ressentir les vibrations du voyage. Je la vois se crisper très légèrement sous l’appréhension. Elle sait qu’elle se rapproche de la fin du jeu. Saura-t-elle sentir à temps que l’escalier a fini de grimper pour ne pas tomber ?

Je suis envahie par le sourire de jubilation qui illumine son visage. Plus tard, je me souviens de moi jouant avec ma peur en tournant les pages du livre qui racontait le conte du petit chaperon rouge.

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Sur une table de la Fnac, un livre m’aimante : “Quand la fleur fane, où s’en va son parfum?”

Au dos ces quelques mots : Quelle est la place de la femme dans le bouddhisme ? Existe-t-il dans cette pensée une manière spécifiquement féminine d’appréhender des questions comme le pouvoir, l’amour, la sexualité, l’éducation des enfants ou même la mort ? Maître Bon Yo porte sur ces problématiques un double regard : celui d’une maître du Zen de tradition coréenne et éminente disciple de Seung Sahn (Cendres sur le Bouddha, Points Sagesses, 2002) ; celui d’une femme d’aujourd’hui, qui a choisi de ne pas renoncer à une vie laïque, professionnelle, conjugale et familiale…

Je reste sur le koan qui m’imprègne complètement.

Voler !

Un caneton maigrichon décide à 7 mois décide de suivre sa propre voie et quitte son troupeau. Il apprend la solitude, la peur, le froid, la faim, la joie, la liberté, le découragement, l’amour…

Il apprend qu’à l’instant même où on forme un voeu, on obtient en même temps la clé pour le réaliser.

Il apprend que se connaître soi-même cela veut dire être capable de percevoir clairement la relation qui le lie à l’unvers, à tout ce qui n’est pas lui.

Il apprend que chacun de nous est différent des autres et que c’est pour cela que nous sommes beaux et précieux.

Il apprend qu’accomplir quelque chose pour les autres, ce n’est souvent qu’une façon de justifier sa propre vanité.

Il apprend que chaque étape et chaque instant des voyages sont aussi importants que la destination elle-même.

Il apprend que dès l’instant où l’âme quitte le corps, la vie devient indéfinissable par les mots.

Si vous avez envie de savoir s’il faut se contenter de vivre comme un canard domestique ou choisir de poursuivre son rêve de canard qui vole dans le ciel – malgré le prix de grands tourments, si ces apprentissages vous tentent, lisez Voler ! du moine bouddhiste Jaeyon, avec de superbes illustrations du coréen Kim Sehyeon.