Bon, j’ai franchi le pas, je me suis lancée dans le programme en 8 semaines de méditation de Jon Kabat-zinn. Quelques surprises périphériques.

En France ce programme côte 400 euros, en Belgique 200 euros, aux US 450$. J’avoue qu’un tel écart de prix me liasse très perplexe. Et je regrette de n’être pas belge pour une fois. Je ne suis pas allée voir les tarifs allemands, suisse et anglais mais je vais aller voir. Au Canada, le programme est dispensé gratuitement ou à un coût nominal au Centre de santé communautaire du Centre-ville à Ottawa, à l’Hôpital de Toronto et dans plusieurs autres localités en Ontario et au Québec.

Deuxième surprise : les médiations guidées sont vendues sur CD aux USA. En France il semble que cela fasse partie du prix de la session. Avec de ce fait des modulations dans l’accompagnement, et une méditation peut finalement s’avérer très différente selon la manière dont elle est guidée.

Comme le CD de mon enseignante ne me convainc pas pour plusieurs raisons, je suis allée surfer sur le net pour chercher des alternatives. Alors autant vous en faire profiter.

en français

* site francophone  sur la pleine conscience avec des enregistrements de  Pierre Philippot,Beatrice Weber Rouget, Guido Bondolfi, Luccio Bizzini, Lusmila Myers Arrazola

* site de Anne Soulet, praticienne nîmoise où vous trouverez  le body scan de 45 minutes, la méditation assise et le yoga.

en anglais

* par Jon Kabat-zinn lui même (le site est un peu étrange, il pousse à acheter un téléchargement en mode rapide et accéléré mais en choisissant le mode “free user” étant patient au bout d’une ou deux minutes, chaque ficher est téléchargeable gratuitement, la méditation du lac et le body scan sont OK)

* le site de l’UC de San Diego est très complet, toutes les longueurs de méditation et de  taille des fichiers sont annoncées.

* idem pour le Student health center, deux voix : un homme, une femme

* le site très complet aussi du Mindfulness  Practice center avec toutes les méditations guidées, et d’autres hors mbsr

* le site de l’association canadienne pour la santé mentale

* le site de l’Insight meditation center

* les versions payantes

* les enregistrements de Myra Weiss, trois en tout., mais c’est payant

* la méditation mindfulness sur Google par Jon Kabat Zin lui même

Et pour les adeptes des méditations silencieuses, un minuteur avec cloches bien précieux :

en mp3 de 5 minutes à 60 minutes

ou en ligne en choisissant son carillon

et pour une chouette bibliographie et webrol

* le site de l’hôpital Thomas Jefferson

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Fabrice Nicolino est journaliste, il écrit des livres, des polars, des enquêtes. Il a écrit Pesticides, révélations sur un scandale français (Fayard) et, comme il le dit lui même, il récidive avec un livre sans concession qui s’appelle Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde (LLL).

Oui nous avons besoin de protéines, oui nous avons besoin de manger de la viande, sans doute pas autant (nous tuons plus d’un milliard d’animaux en France tous les ans pour nous nourrir) et surtout sans doute pas en traitant les animaux comme on le fait. Par quel mystère les animaux sont-ils devenus des choses ?

Ma fille me disait ce midi que les vaches qui ont un  nom produisent plus de lait que celles qui n’en ont pas. De là à ce que les élevages en batterie se mettent à les nommer en plus de les numéroter, il n’ y a qu’un pas. Mais cela ne changera rien. Celles qui ont un nom et plus de lait, c’est celles qui ont une relation avec les humains qui les élèvent, une relation de vivant à vivant.

Si vous voulez entendre ce que Fabrice Nicolino a à dire, voyez ses vidéos

Si vous voulez aller sur son blog Planète sans visa, il a sorti récemment un papier sur les nécros-carburants qui est très bien aussi.

Je me souviens d’un sujet de philo de ma jeunesse, le degré de civilisation d’une société se juge-t-il à la manière dont elle traite ses morts ? j’avais répondu oui, je réponds toujours oui à la façon dont elle traite ses morts, mais j’ajoute aussi dont elle traite ses vieux et ses animaux.

Une société malade de ses liens avec le vivant, voilà ce que notre monde m’inspire. L’argent a dépersonnalisé, chosifié tant de choses : les animaux, la santé, les services de voisinage, etc ; l’argent a progressivement effacé les liens interdépendance nous laissant croire que nous avions tous les pouvoirs, donc tous les droits.

Nous avons tous le pouvoir de faire un pas de côté et d’essayer, chaque fois que nous pouvons, de remettre les choses en perspective. De voir le bœuf derrière le steak, et tous les humains nécessaires ; de voir l’arbre derrière le meuble, et toutes les étapes de sa transformation. Argent ou pas, nous sommes profondément interdépendants, à chaque instant.

Je relaie rarement une pétition, mais là franchement, il y a urgence.

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lancé lundi 21 septembre 2009 la Semaine du Climat et une pétition mondiale pour faire pression sur les chefs d’État, afin de faire débloquer les négociations pour la nouvelle convention contre les changements climatiques.

C’est Moukmouk qui relaie l’information de Constance Il dit à juste titre que :

” l’important, dans une pétition, c’est ce qu’on en fait. Et là, grâce à l’appui de l’immense machine onusienne, on peut être certain que celle-ci sera transmise aux chefs d’État.

Elle ne sera peut-être pas déterminante dans le cours de la politique climatique mondiale. Mais s’il y a 250 ou 300 millions de signatures, ça devrait quand même faire réfléchir les décideurs. Et puis, au moins, cette pétition permettra de prendre le pouls de l’humanité…

Pour signer la pétition (pour l’heure le site n’est qu’en anglais): www.sealthedeal2009.org

En plus, si vous avez un blogue, je vous invite à relayer l’information à vos lecteurs.”

Pour en savoir plus, vous pouvez aussi lire le billet sur Planète info mais surtout, signez et faites signer !

Oui, cela ressemble à un koan. Moins dérangeant peut être que le fameux “quel est le bruit d’une seule main qui applaudit ?”. Mais assez perturbant quand même.  Le cerveau, c’est clair, je sais où il est, mais l’esprit ?

Ce matin j’ai regardé  une conférence et une méditation guidée de Jon Kabat-Zin sur you tube. Bien faite, simple, accessible et plaisante, mais évidemment en anglais. Je vous la recommande pour une brève introduction à la méditation. Ce médecin a une particularité importante, il fait partie de ceux qui ont introduit aux Etats-unis la méditation dans les programmes de soins aux malades sévères. Il a beaucoup travaillé sur les interactions corps-esprit dans les processus de guérison, avec des applications cliniques différentes de la méditation de pleine conscience pour des personnes atteintes de maladies chroniques ou avec des désordres issus d’un stress excessif.

A quand les méditations en entreprise pour augmenter le système immunitaire et la pleine conscience ? Augmenter l’écoute et la qualité des échanges ?  Ce serait sans doute au moins aussi efficace (et plus gratifiant à long terme) que de respecter la distance de sécurité de 2 mètres avec ses collègues (chouette on va supprimer les réunions), de ne plus leur faire la bise, d’aller se laver les mains dès qu’on a été en contact avec un “danger” quelconque… pour ne pas attraper la grippe !

Jon Kabat-Zin termine son intervention par un très beau poème Love after love de Derek Walcott :

The time will come
when, with elation
you will greet yourself arriving
at your own door, in your own mirror
and each will smile at the other’s welcome,

and say, sit here. Eat.
You will love again the stranger who was your self.
Give wine. Give bread. Give back your heart
to itself, to the stranger who has loved you

all your life, whom you ignored
for another, who knows you by heart.
Take down the love letters from the bookshelf,

the photographs, the desperate notes,
peel your own image from the mirror.
Sit. Feast on your life.

Bon dimanche !

J’avais été très troublé par la lecture de l’Adversaire. Troublée qu’Emmanuel Carrère réussisse à ce point à rentrer dans la peau de ce personnage lisse, si coupé de lui-même.

J’ai lu les critiques élogieuses, lu des entrevues tout à fait intéressante à l’occasion de la sortie en mars du dernier D’autres vies que la mienne, et pourtant je n ‘avais pas envie de le lire, pas plus qu’Un roman russe. Je ne voyais pas l’intérêt de lire le récit de la mort d’un enfant ni celui de la mort d’une jeune femme, aussi brillante soit l’écriture.

Oui il écrit effectivement ces deux histoires, mais surtout il écrit sur lui même, sur son incapacité à aimer, sur ses désastres intérieurs, sur le renard qui lui ronge les entrailles et le coupe de la vie. Il écrit un entrelacs et le miracle se produit. Il écrit sa deuxième naissance au monde, celle où il s’accouche lui-même pour devenir capable d’aimer et de travailler. C’est poignant, c’est bouleversant, c’est dérangeant. J’ai épuisé un paquet de mouchoirs, mis des jours à lire ce roman de 300 pages parce que cela ne se lit qu’à petites goulées.

Ce livre est édité par POL qui est un éditeur d’œuvres pas faciles, et la lignée avec Charles Julhiet me semble cette fois si forte, c’est troublant. C’est bien au contact d’autres vies que la sienne, dans cette inédite ouvertures aux autres, à leurs blessures, à leurs fêlures qu’il trouve un chemin dans sa nuit. Après ce livre, je crois que ce n’est plus possible de penser encore qu’on peut se construire seul, sans les autres, qu’on n’est pas pétri et façonné par les liens qui nous unissent aux autres, qui nous entravent ou nous font grandir.

Il ne suffit pas d’avoir une adresse, encore faut-il savoir où l’on habite”; Gilles Clément

Nil éditions a eu une une idée originale et délicieuse, demander à des auteurs d’écrire un livre à propos d’une maison importante pour eux. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur “la maison du retour” de Jean-Paul Kauffmann qui est un livre très singulier. Cette fois j’aimerai parler du salon des berces de Gilles Clément.

D’abord parce que Gilles Clément est un “jardinier” extraordinaire qui travaille avec la nature et pas contre. Ensuite parce que c’est un  homme de conviction et qu’il refuse toute commande publique actuelle parce qu’il refuse de travailler pour l’ultra libéral Nicolas Sarkozy, tout président qu’il soit. Enfin parce qu’il prend le temps de partager ses passions.

Dans La maison du retour JP Kauffmann racontait le choix de cette maison et sa reconstruction lente en même temps que lui à la suite de sa longue captivité. Dans Le salon des berces, Gilles Clément raconte la construction d’une maison, sa maison, pierre après pierre, un bardeau de châtaignier après l’autre, travail patient étalé sur une dizaine d’années. il raconte son installation parmi les animaux : “J’ai conscience de m’installer chez les animaux. Je les entends, je les vois.” Ils vont désormais tous  co-habiter le vallon.

Sa maison est aussi une formidable aventure humaine de co construction avec une grosse poignée d’auteurs compositeurs comme il le dit si joliment. Parce que l’important c’était de la faire cette maison.

Ce faisant il raconte aussi les tracasseries absurdes de ‘l’administration française en matière de permis de construire ou d’installation électrique, les tracasseries des gendarmes lancés par les notables locaux qui ne comprennent pas sa démarche et règlent leur compte, il parle aussi de sa tactique simple et terriblement efficace pour retourner les rumeurs, il parle de la disparition dans la campagne française des paysans qui entretenaient les chemins, relevaient les murs et meurent les uns après les autres sans successeurs. IL parle de ces gens de peu de mots, loin de la société du consommation. Et puis, bien sûr il parle aussi de toutes les questions qui le traversent : comment construire, quoi ? où ? avec quel matériau ? quel technique ?

J’ai beaucoup ri et terriblement eu envie d’aller en Creuse découvrir les berces de son coin de verdure sauvage dont une partie qui se déplace au gré du vent et des oiseaux, pour aller célébrer “l’ordinaire extravagance de la nature, l’ordinaire fantaisie de nos esprits sans cesse combattue par les règles de conformité”.

Parce que construire soi-même sa maison, cela me semble une aventure extraordinaire, un projet presque fou et pourtant si largement partagé chez les animaux. Nous sommes parmi les rares animaux à si peu souvent réaliser cela nous même, notre nid. Bizarre.

J’ai pris ce livre de Joseph Boyden dans mes mains bien souvent sur les tables de libraire, comme si un magnétisme particulier me hélait. Chaque fois je le reposais en me disant non, je n’ai pas envie de lire un livre sur la boucherie de la première guerre mondiale. Le monde est assez moche pour que je ne lise pas en plus des trucs moches (bon d’accord je lis des polars qui racontent des histoires moches aussi).

Et puis il y a eu un déjeuner en avril à Nantes où nous avons parlé lecture, et où l’un des présents a fait la louange de ce livre qui l’avait bouleversé et qu’il avait finalement, avec bien des tergiversations acheté, parce qu’écrit par un Canadien. Il m’avait promis de me le prêter, et puis quand il est venu à Paris, il avait oublié. Moi aussi j’avais oublié le livre entre temps, et puis, au moment de partir en vacances, je le retrouve en édition de poche sur la table du libraire de ma rue. Alors cette fois je relis la 4e de couverture et je me dis, j’essaie.

J’essaie parce que c’est écrit par un Canadien, j’essaie parce que c’est écrit par deux voix originales de la tribu Cree , celle d’une vieille femme, et celle d’un homme qui s’est enrôlé avec son meilleur ami pour venir faire la guerre en Europe. J’ai dit j’essaie parce que j’estime qu’en France nous avons contracté une dette énorme pour ces hommes qui sont venus nous aider à rester “libres”, dans un combat qui les dépassait. J’essaie parce que cela commence par cette vieille femme venue en canoë chercher le survivant de la guerre et que j’aime les histoires de canoë qui sont si loin de ma culture.

C’est un livre remarquable d’intensité qui raconte la descente aux enfers de ces deux jeunes Crees dans les tranchées et qui adaptent leur technique de vie à ce monde étrange en France. Ainsi ils se font à nouveau chasseurs silencieux et aux aguets pour assurer leur survie, pour détecter les mouvements et les traces des ennemis en face. Cet en face aux frontières floues. Remarquable au moins autant parce qu’il raconte aussi la remontée des enfers du survivant, morphinomane avancé, amputé d’une jambe, son retour vers la lumière. Le retour en canoë est son retour à la vie.

Niska, vieille femme usée, gardienne des traditions et d’un savoir très particulier, à chaque coup de rame remonte la rivière et tire l’homme du fond de l’enfer. Elle témoigne que le mode de vie des nomades, leur manière d’être au monde, leur manière de s’ajuster à la réalité de l’instant, de ne pas chercher des explications et des mots sur tout, de tisser du lien en silence est aussi un mode de guérison. Oui  la présence accueillante, patiente, bienveillante  et aimante de Niska est un remède puissant.

C’est bien sûr une réflexion sur l’humanité, et ses frontières fragiles, mais aussi aussi une réflexion sur l’identité, ce thème si cher à nombre d’auteurs canadiens.

Je lui ai succédé dans son appartement et je me souviens encore de la grande pièce rongée par les trous des chevilles pour que sa bibliothèque serrée lui permette de rassembler là ses livres. je me sentais intimidée d’habiter la maison d’un écrivain. Puis nos enfants sont allés à l’école ensemble, nous habitons le même quartier. Aujourd’hui sa silhouette me hante, j’ai si souvent l’impression de le voir passer au coin des grilles de la rue piétonne, la pipe à la bouche, plongé dans ses pensées avec ses éternels godillots avachis ou promenant le chien de son fils.

Je savais qu’un de ses livres portait le numéro 2000 de la fameuse série noire, c’est le loueur de l ‘appartement qui me l’avait dit, effaré que je ne connaisse pas un si fameux écrivain. Je suis curieuse, j’ai cherché le numéro 2000, je ne l’ai pas trouvé et tant mieux par ce que je crois qu’à l’époque je n’étais pas capable de lire Mygale. Alors j’ai regardé les autres titres : La bête et la belle ne me disait rien ; j’ai choisi dans le rayon un livre au titre étrange Les orpailleurs. Je l’ai lu, je l’ai dévoré serait plus correct. Et je n’ai plus jamais regardé le monde de la même façon ensuite. J’ai lu Mon Vieux, Ils sont votre épouvante  et vous êtes leur crainte, La folle aventure des Bleus, Rouge c’est la vie, Comedia, la vigie, Ad vitam eternam, Jours tranquilles à Belleville, Du passé faisons table rase. Je suis chanceuse, j’ai encore tout plein de livres de lui à lire. A relire ensuite.

Thierry Jonquet est mort cet été, il se battait pour sa vie depuis un an, et ce combat il l’a perdu. C’est bien trop tôt, il était bien trop jeune pour partir. Sa voix singulière et son regard aiguisé vont singulièrement nous manquer pour éviter l’engluemetn quotidien. Et comme le disait un de ses amis à ses funérailles :  les caïds du quartier ricanent, maintenant que plus personne ne sera là pour râler de leurs trafics. Ses funérailles ont été un moment extraordinaire d’humanité, un florilège d’hommages à l’ami, à l’homme engagé et courageux, à l’écrivain aussi bien sûr, au voisin. Pas de pathos, pas de decorum, rien que des mots qui sonnaient juste et un dernier clin d’oeil à ses convictions : rouge était son cercueil.

Son parcours est une vraie leçon de vie et son œuvre une invitation à regarder notre monde sans complaisance.

Et si vous avez envie de vous joindre à l’hommage web lancé par mille et une pages, c’est par ici

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