La semaine dernière Sandrine partageait en souriant un plaisir intime bien étrange. Non rien de grivois. Juste le plaisir qu’elle avait à faire tranquillement sa vaisselle (oui cela existe !!!).  Elle en parlait avec une jubilation qui me rappelait le plaisir que j’ai pu éprouver en faisant des travaux manuels au zendo, en pleine conscience.  Sentir aussi bien tout ce qui se passe dans le corps, les muscles, les articulations, que le geste, la poussière qui vole dans la lumière, les odeurs qui se déplacent, l’énergie des autres autour de soi. C’était plus facile pour moi de balayer dehors que de faire la vaisselle, tant pour elle je devais me défaire des gestes automatiques pour tenter d’éprouver un geste neuf et habité.

Je sortais du zendo le samedi midi complètement shootée aux endorphines… La lumière était plus vive, les couleurs plus éclatantes, le monde plus beau. Et cela me manque ce zendo qui a fermé ses portes, parce que méditer tout seul dans son salon, c’est super, mais il manque toutes les vibrations des autres, tout ce qui aide à déposer l’armure pour se relier en douceur, en conscience à tout ce qui nous entoure.

Et si vous voulez découvrir mes impressions lors de mon premier zazen, c’est là, sur Saveur(s), le blog des débuts !

Manges-tu de la viande ? Éprouves-tu attirance ou dégoût ?  Selon certains, la désaffection pour la viande, serait orchestrée par les écologistes et les campagnes anti-cholestérol (clique sur le lien du site Dukan, oui oui, incroyable !), disons qu’elle émanerait d’un souci de santé, selon l’équation fameuse viande = gras = cholestérol = problèmes de santé. Bien sûr il y a aussi des motifs religieux, culturels ou sentimentaux. Il parait que nous mangeons moins de lapin depuis que c’est un animal de compagnie, moins de cheval aussi.

Le moins qu’on puisse dire c’est que nos goûts ont beaucoup fluctué dans le temps. Le bœuf longtemps réputé viande inférieure a renversé la tendance et autres tours de passe-passe bien expliqués dans cet excellent article d’OCHA,  l’observatoire du Centre national interprofessionnel de l’Economie Laitières des habitudes alimentaires.

Je n’ai lu ni le livre de Jonathanan Safran Foer – Faut-il manger des animaux ? ni celui de l’excellent Fabrice Nicolino - Bidoche. Et pourtant je suis dans cette mouvance de manger moins de viande, pas par choix idéologique (encore que) mais parce que j’en ai de moins en moins envie. Disons j’ai surtout de moins en moins de plaisir à manger de la viande. A qui la faute ?

J’ai fait deux expériences  singulières à Noël. Dans les Cévennes reculées où j’étais allée me ressourcer, j’ai acheté pour la première fois de ma vie un chapon de pintade du Gers. Une merveille. Nous avons mangé avec gourmandise cette presque grosse bête, goûteuse, savoureuse qui nous a tous étonnés. Le même plaisir qu’avec des poulets de ferme bien élevés.

Quelques jours plus tard, notre propriétaire nous a apporté un grand morceau de sanglier (côtes première, échine et palette) qu’il avait abattu deux jours avant. Un jeune du printemps, soigneusement épilé. J’ai enlevé la palette et mis le reste à cuire au four comme un rôti de porc.  Et là, extase. Une viande maigre et parfumée avec laquelle se battre pour l’arracher des os. Un vrai plaisir à ronger et sucer les os, à manger jusqu’à la dernière miette de viande. Plaisir j’insiste, jubilation presque et sentiment de manger quelque chose de bon pour moi. Cela ne m’était pas arrivé depuis un sacré paquet de temps. Sans préméditation mais quelle joie.

Alors quoi ? Je pense que les animaux qui vivent leur vie d’animaux ont une viande qui se parfume du terroir – des champignons, des châtaignes et glands qui poussent là,  une viande qui garde l’empreinte de leur vie, de sa saveur, de ses émotions. C’est une viande vivante et nourrissante alors que la majeure partie de la viande qui nous est proposée sur les étals est une viande morte, morte depuis l’origine.  Et quand elle nous est servie cuisinée industriellement elle est recouverte de saveurs, exhausteurs de goûts et autres saletés…

Alors je préfère en manger moins souvent, mais en manger avec plaisir, en conscience.

Hier soir, soirée “mammifère” chaleureuse et délicieuse au Blabla café, oui, oui, cela ne s’invente pas. Et lors de cette soirée singulière, rencontre en chair et en os d’une blogueuse dont je suis régulièrement les conseils et d’une futur blogueuse (j’en reparlerai dès que le “vient de paraître” sera lancé dans la blogosphère) qui connaît Tanakia. C’est toujours un moment singulier et touchant quand le réel s’invite ainsi. Bref. Et nous parlons art de manger, cuisine, histoire de femmes, diététique, végétarisme, et bons restos.

Et Ariane de citer un resto dans mon triangle d’or des restaurants parisiens, un que je ne connais pas encore alors que je suis passée 100 fois devant : “Neva cuisine” rue de Berne à Paris 8e.

Les autres adresses de mon triangle magique – que je recommande inconditionnellement – sont :

Shin Jung, 7 rue Clapeyron 75008 Paris, restaurant coréen. Ce que j’y ai mangé ne ressemble à rien de connu. Ni en couleurs, ni en saveurs, ni en présentation. Un beau et bon moment de dépaysement.

Nirvana Inde -6, rue de Moscou 75008 Paris – un très bon indien avec une déco bien de là bas. Ils ont un baigan bharta (variante du caviar d’aubergine pimenté) à se damner. Et tout plein de délicieux plats végétariens.

Baigan Bharta @Swati Raman Garg

Thabthim Siam – 28, rue de Moscou 75008 Paris – un restaurant thaïlandais subtil et délicieux. Ils ont aussi une salade d’aubergine  à mourir. Et un délicieux Tigre qui pleure.
Ben oui j’aime les saveurs du monde…

Un ami devenu trop rare sur ces ondes me dit qu’il trouve qu’il y a de moins en moins de lecteurs sur les blogues. Sur son adresse hyper connue, il a sans doute les moyens de constater ce lent déclin. Moi pas, ami lecteur tu es sur un blogue à discussion confidentielle (si tu en doutes, va lire le bilan 2011), comme un peu tout ce que je fais d’ailleurs. Mais est-ce un problème ?

C’est vrai qu’en théorie, avec  un blogue je peux être connectée à plus de personnes que je ne le pourrais dans la “vraie” vie sauf à me transformer en oratrice irrésistible qui fait salle comble au zénith tous les soirs (j’ai fait cela une fois pour ma boite, très impressionnant de prendre parole sur scène devant un telle foule). Ma taille de salle confortable c’est plutôt les Bouffes du Nord. Là où j’ai entendu Angélique Ionatos pour la première fois de ma vie, chantant des textes de Sappho de Mytilène. Là où je suis tombée raide amoureuse des percussions de Christian Boisset. Une salle où il est possible de se regarder les yeux dans les yeux, de se parler d’âme à âme.

Revenons au blogue et aux autres moyens d’échanges. J’ai succombé aux sirènes de face de bouc que j’aime pour l’interactivité possible. Pour le fil ténu de proximité que cela permet de tisser comme une broderie, une enluminure au blogue. Reste que sur face de bouc, le plaisir de la langue, la musique des mots, la recherche d’un rythme est absente. Un “billet” n’est guère plus long qu’un gazouillis de twitter. C’est un bloc notes pour moi. Ici beaucoup moins. C’est plus un carnet de voyages au pays de la vie. Un collage fluctuant et inégal de mots et d’images – la musique m’est moins cruciale.

J’ai ouvert un blogue en 2007 parce que je m’étais cassé le poignet et j’ai investi mes huit longues semaines d’arrêt dans l’exploration de ce truc dont j’avais entendu le nom mais qui n’avait pas corps. Je lui ai donné des couleurs, un corps turquoise et jaune, des tons gais et lumineux. J’ai exploré  comme une gourmande cet univers là, fait des bourdes, déniché des merveilles, beaucoup ri, parfois pas compris. J’ai butiné, butiné, j’avais une liste très longue de liens qui a fondu avec le temps, qui s’est renouvelée en partie aussi. J’ai eu ma phase accro aux stats, accro aux commentaires, accro aux nouveaux lecteurs, accro aux abonnés, etc, etc.

J’ai changé trois fois d’hébergeurs, et maintenant je suis là, je pose des mots sur ce que j’ai envie de partager. Quand j’ai envie de partager.  Si tu passes et que tu lis, je suis contente, mission accomplie. Si tu passes et que tu commentes, je suis contente aussi. Si tu ne passes pas, je patiente. Si tu arrives chez moi avec une recherche gougueule, parfois je lance la même recherche que toi et je voyage alors comme un passager clandestin sur un chemin que je n’ai pas prémédité. Un délice. Parfois je souris juste en essayant d’imaginer qui tu es pour avoir  tapé “bar à harengs” ou “piercing insolite” ou “Adrien payette en anglais”.

Bref, ce cybercarnet, comme tous mes autres carnets, témoigne de moments sans continuité préméditée. Bien sur il garde des traces que j’oublie et que j’ai plaisir à redécouvrir en replongeant dans les archives. Bien sur je trouve des lignes de trame à posteriori dans les écrits que j’ai déposé là qui se font et se défont selon mes réflexions du moment. Ce qui m’importe c’est ce que j’y fais dans l’instant, d’instant en instant.

26 lettres comme prétexte pour écrire des billets sur ce qui m’anime, sur ce blogue ou dans la vie.

A comme apprendre, aimer

B comme blogue

C comme création

D comme daruma

E comme exposition

F comme face de bouc, fenêtre

G comme grandir, gouter

H comme houache, halitueux

I comme impressionnisme

J comme joyeux

K comme Kuan Yin

L comme léger

M comme MBSR, méditation

N comme namaste

O comme ouverture

P pour peindre plutôt que prêcher

Q comme QQOCQP

R comme rencontrer

S comme savourer, sourire

T comme traces

U comme utopie

V comme verticale

W comme watts

X comme xylophone

Y comme la génération Why

Z comme Zen

 

 

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.

Voici un extrait:

The concert hall at the Sydney Opera House holds 2,700 people. This blog was viewed about 13 000 times in 2011. If it were a concert at Sydney Opera House, it would take about 5 sold-out performances for that many people to see it.

(tout le reste est en français…;) )

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

L’agapé est amour qui n’attend rien et repas fraternel. Comme la peinture qui surgit des anfractuosités de soi, cadeau de la vie à l’artiste, et invitation à savourer le monde.
Mon travail de peintre ressemble à celui du cuisinier qui s’inscrit dans un cycle : du marché où il choisit ses produits à l’assiette blanche sur laquelle il installe son œuvre éphémère. Sélection de matières, de couleurs, de texture, d’outils, de papier pour construire un équilibre fragile qui peut basculer à tout instant. Peinture et gastronomie naissent des gestes du dedans vers le dehors, et reviennent au corps. C’est pour cela que les œuvres se goûtent avec les yeux et se dégustent dans le creuset invisible du corps où elles s’assimilent.
Cette expérience intime pourtant se partage aussi dans la présence, les gestes, les sensations ou les mots. Les saveurs en sont avivées, rehaussées. Et dans un lieu aussi insolite que l’Agapè bis, cela peut devenir un singulier voyage des sens.

Excellente fin d’année à tous.

75 avenue Niel, 75017 Paris

Licence CC BY-NC-SA Michael Backhaus

Il en va des parapluies comme des humains, ils sont d’une incroyable diversité. On en trouve des petits, des grands, des mono places, des bi-places, des très spécialisés ou des généralistes, des transparents, des opaques, des bariolés, des rayés, des colorés ou des monochromes, des pliants ou des rigides, des maniables ou des encombrants, des chétifs ou des costauds, des communicants, des silencieux,  des discrets, des exubérants, des sobres et des sophistiqués,  des éphémères et des durables, des cabossés, des déformés, des impeccables, des réparés, des rafistolés, des qui se retournent au moindre souffle, d’autres que rien n’ébranle, des qui protègent de la pluie, d’autres qui cachent le soleil, des piquants, des pointus, des pagodés, des carrés, des ronds, des très plats, d’autres très galbés…

Tombe, tombe, tombe la pluie
Tout le monde sort son parapluie !

Une semaine de formation résidentielle, c’était mon menu de la semaine dernière. Dans un hôtel 4*, enfin presque… Récit de cette merveilleuse expérience client que j’ai partagé avec les acteurs locaux. Je vous en livre quelques extraits choisis.
*
Dimanche dans l’après-midi mes collègues ont préparé la salle plénière pendant que je profitais encore de la lumière automnale à lire sur mon balcon. Il manquait un carton long que l’hôtel nous avait pourtant certifié avoir réceptionné. Nous l’avons réclamé tous les jours, patiemment, nous l’avons récupéré enfin le mercredi après-midi. Il était dans le placard de la salle d’à coté. Cela ne s’invente pas.
*
Nous avions transmis à notre contact “event”  la liste des participants avec un régime alimentaire spécifique (2 sur 36, c’est gérable non ?). A aucun moment ni le midi ni le soir nos interlocuteurs n’ont cherché à identifier qui étaient les personnes concernées. Il s’est avéré en fait que ni le restaurant du midi, ni celui du soir n’avaient l’information . Quand j’ai demandé comment résoudre ce point, il m’a été répondu qu’il suffisait que ces personnes se manifestent auprès du serveur et on leur changerait leur repas. En d’autres termes, guérir oui, prévenir, non bizarre ! L’ anticipation serait-elle une maladie dangereuse ?
*
Une fois traité la question du repas des végétariens avec l’ équipe du midi, nous avons eu le désagrément de constater que l’information n’avait pas été diffusée à l’équipe du soir . Ben non, cela aurait été de l’anticipation honteuse, voire de la communication coopérative (d’ailleurs les deux équipes ne se rencontrent pas et ne communiquent pas).  Il a donc fallu recommencer, expliquer à nouveau, reconvenir d’un procesus. Oui la pédagogie suppose de la répétition encore et encore mais quand même..
*
Il m’avait semblé acheter une prestation “complète” et non pas quatre prestations : une “Food and beverage” du midi, une “Food and beverage” du soir, une “salles de réunions” et une “chambres”. Naïvement je m’attendais à une prestation de bout en bout avec un interlocuteur unique responsable de son déroulement. Suprême audace, un interlocuteur qui passe tous les jours faire un point pour vérifier le bon déroulement de tout…
*
Le soir, diner dans la partie brasserie de l’établissement, un peu à l’écart de la clientèle normale pour nous donner un sentiment d’un peu d’intimité. Le tout jeune homme qui s’occupe de nous est en apprentissage. Il apprend son métier “on the job”. Personne dans la chaine managériale n’a jugé bon de lui donner les informations lui permettant d’enrichir son rôle. Pour lui, il s’agissait visiblement seulement de poser en un temps limité un certain nombre d’assiettes devant chaque client. Il n’avait aucune connaissance du menu, ni de ce qui composait les plats. Il découvrait comme nous au fur et à mesure du déroulement du diner sans connaitre un seul des ingrédients. Inoui ! Je me demande encore comme son maitre d’apprentissage conçoit le travail. Là où cela devient franchement savoureux, c’est que le midi, au contraire, nous trouvions posé sur chaque table un menu en deux langues.
*
Notre jeune apprenti n’avait pas non plus été briefé par sa structure de la prestation dont nous étions convenu. Il a donc accepté, ô crime, de servir deux bières – ce qui n’était pas compris dans le fameux “package”. J’ai personnellement assisté à son engueulade par son supérieur,  dans l’entrée de la brasserie (!!!!) qui lui disait explicitement de ne prendre aucune initiative, et de venir vérifier systématiquement ce qu’il avait le droit de faire. Je n’ai pas trouvé non plus cette expérience très agréable – une engueulade en public et devant le client concerné, ni surtout pédagogique pour le jeune : droit à l’erreur zéro, droit aux explications zéro, demande de soumission à l’autorité, totale. Un grand moment de management : l’entretien de recadrage destructeur.
*
A la table où ont été servies ces fameuses bières, en fin de repas certains participants ont commandé un thé, ils ont eu au choix pour certains une théière d’eau chaude et c’est tout, et pour d’autres un verre avec un sachet mais pas d’eau chaude. Quant à moi j’ai en vain demandé une bonne demie douzaine de fois du vin blanc à la place du vin rouge que je n’ai pas eu…
*
Jeudi soir, mesures de restrictions, en fin de journée il n’y avait plus de lumière dans les sanitaires près de nos salles de réunion, ni de lumière dans les couloirs. La lampe frontale n’était malheureusement pas fournie. Les consultants qui ont travaillé (au lieu de venir avec nous faire une virée dans Paris) n’ont pas trouvé cela très agréable, ils sont retournés dans leur chambre fort tard à tâtons, après avoir vécu gracieusement une expérience “dans le noir” intégrale.
*
Vendredi matin, lorsque j’ai ouvert les salles, le ménage n’avait pas été fait, des mugs sales, des bouteilles d’eau vide trainaient, les poubelles n’avaient pas été vidées. En fait la négligence ne concerne pas seulement ce matin là. La vaisselle mise à notre disposition matin et midi était souvent encore graisseuse et pas très engageante. Idem pour les verres et les couverts.
*
Quant à mon expérience personnelle, pour le petit déjeuner, elle a chaque fois été “unique”. Parfois j’étais placée, parfois non ; parfois la personne qui me plaçait me demandait ce que je voulais boire, parfois non. Parfois j’avais une boisson chaude dans les deux minutes, parfois beaucoup, beaucoup plus longtemps après avoir réclamé, une ou plusieurs fois. Parfois un sachet de thé, parfois deux. Vendredi matin, c’était jus d’orange ou jus d’orange, alors que tous les autres matins, à la même heure, je pouvais choisir entre trois jus de fruits…
*
Dans ma chambre, lit king size et neuf oreillers au cas où vous auriez oublié, j’avais un appareil électrique magique.  Un énorme radio réveil à luminosité réglable. Sans doute plus qu’un radio réveil vu que cela s’appelait I-Home. Mais sans notice j’ai eu du mal à imaginer toutes les tâches que je pouvais confier à la machine (oui en matière IT je suis assez blonde).  Je n’ai pas réussi à trouve le fonctionnement de mon I-home qui avait la malencontreuse idée de sonner à 6h40, un peu tôt pour moi. J’ai donc demandé de l’assistance à une hôtesse qui m’a accompagnée dans ma chambre, qui n’a pas su mieux que moi comment faire et m’a donc suggéré de débrancher l’appareil. Elle m’a demandé ma date de départ et dit qu’elle préviendrait le service de ménage pour que l’appareil ne soit pas rebranché avant mon départ. Tous les matins, j’ai retrouvé l’I-home soigneusement rebranché… Ce n’est pas grave, mais pourquoi faire une promesse qui ne peut être tenue ?
*
Ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de dire que les salariés de cet hôtel travaillent mal, ils font ce que le management de l’hôtel attend d’eux. Cela n’a rien de personnel, chacun d’eux individuellement est absolument charmant et plein de bonne volonté. Mais à chaque question posée, la réponse était systématiquement :” je prends note, je vais voir avec mon supérieur ce que je peux faire”. Quand ils sont interpellés, ils répondent à l’interpellation et cherchent une solution. C’est leur mode normal de travail, et comme ils ont une marge de manœuvre extrêmement limitée, cela doit être assez compliqué et inconfortable à vivre.
Leur charte affiche pourtant “the unshakeable conviction that our people are our most important asset” et que leur ” environment supports associate growth and personal development”… Cherchez l’erreur !

Jeudi dernier, l’espace d’une soirée, j’ai troqué ma casquette de coanimatrice d’un business game pour prendre celle de tour operator guide de Paris. Avec ma collègue allemande, nous avons un peu bousculé le timing de la journée, compacté certaines séquences, et, horreur pour les frenchies, organisé le dine   18 heures de manière à rejoindre Paris vers 19h30.

Direction Concorde, la grande roue, un tiers de Tour Eiffel, les horribles illuminations rouges et bleue des Champs, le jardin des Tuileries plongé dans le noir, le Crillon tout éclairé. Trois petits tours et nous voilà partis pour rejoindre la rue de Castiglione, la place Vendôme et ses incroyables limousines (les mêmes que celles de Belleville le dimanche matin), la rue de la paix, la place de l’Opéra. Zut l’opéra est protégé par des barrières et des petits hommes bleus. le grand escalier où nous voulions faire une photo de groupe, recouvert d’un splendide tapis rouge inaccessible. J’essaie avec un collègue de parlementer avec les hommes en uniforme. Très détendus (c’est pas toujours le cas pour les soirées privées…) ils nous expliquent que ce serait mieux de repasser vers minuit si nous voulons vraiment faire notre photo.

Bon, tant pis, cap sur les vitrines de Noël. Splendides certes mais pas du tout de Noel cette année. Un peu de déception. Une partie du groupe s’échappe pour aller voir la coupole des galeries Lafayette, puis nous montons sur le toit du Printemps. la Tour Eiffel a le bon goût de se mettre à scintiller pour la plus grande joie de ces touristes du soir. La tour Montparnasse émerge à peine d ela brume. Redescente au 2e étage pour acheter des macarons, et nous voilà repartis, certains avec leur joli sac vert tendre au bras. Halte dans un pub irlandais – be oui c’est typiquement français, non ? puis reprise de la balade en direction de l’Opéra comique, la bourse du commerce, le jardin du palais royal, la Comédie française, le Louvre et la pyramide -éteinte la bougresse !

Il est minuit, il fait toujours extraordinairement doux dehors ; le groupe est devenu assez silencieux, ils sont éreintés, moi aussi. Dans le métro de retour cela négocie sec. Ils rêvent de commencer une heure plus tard. Je leur demande s’ils préfèrent dormir une heure de plus et changer leur heure de vol de retour ou se lever à l’heure prévue et attraper leur avion dans l’après-midi. Le choix est rapide. Nous croisons les indignés de La Défense qui ne sont pas encore couchés. Les nuits doivent commencer à être fraîches pour eux avec le pauvre équipement que la police leur laisse.

Je me glisse dans mon king size à 9 oreillers avec délice sans trop penser au réveil qui suivra… ni à la poignée d’indignés dehors.

L’ouverture à 8h 30 se fait doucement, tout doucement, il reste des étoiles dans les yeux endormis?

Contrat Creative Commons
Sauf mention contraire de (c), les oeuvres sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.

Catégories

Archéologie

 

janvier 2012
L Ma Me J V S D
« déc    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.